Être un enfant de la famille royale semble sans aucun doute être la vie idéale. On est entouré de palais, de précepteurs, de titres et de tout le faste et les honneurs dont on pourrait rêver. Mais vu de près, cette vie était souvent marquée par la solitude et étroitement contrôlée, ce qui isolait fréquemment les enfants de leurs parents. Certains héritiers ont perdu leur mère ou leur père très jeunes, tandis que d’autres ont été envoyés loin, car les cours estimaient que les futurs souverains avaient besoin d’une éducation rigoureuse, d’un foyer séparé ou d’une certaine distance par rapport aux problèmes familiaux. Quelques-uns ont eu la chance de trouver un ancrage auprès de nourrices, de gouvernantes, de mères d’accueil, de tantes ou d’oncles qui sont devenus les adultes sur lesquels ils pouvaient compter. Ces 20 héritiers royaux ont tous grandi avec une enfance façonnée par des personnes qui n’étaient pas leurs parents.
1. Joanna I
Joanna était encore jeune lorsque des deuils dans sa famille l’ont rapprochée du trône. Après la mort de ses deux parents, elle a grandi au sein de la cour royale, sous l’œil vigilant de son grand-père, le roi Robert de Naples. Philippa de Catane, dont on se souvient comme ayant été sa nourrice et sa gouvernante, a joué un rôle prépondérant dans les premières années de la vie de Joanna.
2. Guillaume le Conquérant
William hérita de la Normandie alors qu’il était encore enfant, après la mort de son père, survenue lors d’un pèlerinage en 1035. Son enfance fut alors confiée à des tuteurs et protecteurs qui s’efforçaient de le maintenir en vie tandis que des nobles rivaux se disputaient le pouvoir autour de lui. Ce mode de vie précoce enseigna très tôt au futur conquérant à quel point le pouvoir pouvait s’envoler en un clin d’œil.
3. Édouard le Confesseur
Édouard le Confesseur passa une grande partie de sa jeunesse hors d’Angleterre, principalement en Normandie. Sa mère, Emma, resta une figure politique influente, mais l’éducation quotidienne d’Édouard était loin d’être stable. Ces années passées en Normandie marquèrent profondément sa vie, et il s’en souvint lorsque, sous son règne, de solides liens transmanche réapparurent dans la politique anglaise.
4. Frédéric II, empereur du Saint-Empire romain germanique
Frédéric II devint roi de Sicile alors qu’il n’était encore qu’un jeune enfant, après avoir perdu ses deux parents. Le pape Innocent III était son tuteur officiel, tandis que de puissants groupes en Sicile se disputaient le contrôle du jeune roi et du royaume qui l’entourait. Son enfance fut marquée par la politique presque dès ses débuts, ce qui laissait présager du souverain complexe qu’il allait devenir plus tard.
5. Jacques Ier
Jacques Ier fut capturé alors qu’il se rendait en France en 1406, puis retenu prisonnier en Angleterre pendant près de 18 ans. Son père mourut peu après sa capture ; Jacques devint donc roi alors qu’il était encore sous la tutelle des Anglais. Au cours de cette longue captivité, ses ravisseurs lui dispensèrent une éducation adaptée à son rang.
6. Henri VI
Henri VI devint roi d’Angleterre alors qu’il n’était encore qu’un nourrisson, après la mort de son père. Ses premières années furent marquées par la présence d’une multitude de nourrices, de femmes de ménage, de tuteurs et d’adultes désignés par le Conseil pour élever le jeune monarque.
7. Édouard V
Édouard V passa une grande partie de son enfance au château de Ludlow, où son oncle Anthony Woodville veillait à la bonne marche de sa maisonnée et à son éducation. Ses journées étaient rythmées par les cours, les prières, l’apprentissage des bonnes manières et la préparation à la fonction royale, autant d’éléments qu’un futur roi yorkiste était censé acquérir.
8. Arthur Tudor
Arthur Tudor était considéré comme le grand espoir de la nouvelle dynastie des Tudor. En tant que prince de Galles, il fut envoyé au château de Ludlow, où des précepteurs et des responsables de la maison de cour l’aidèrent à se préparer à gouverner. À sa mort, à l’âge de 15 ans, l’avenir de l’Angleterre reposa sur son frère cadet, Henri.
9. Édouard VI
Édouard VI a perdu sa mère, Jane Seymour, moins de deux semaines après sa naissance. Sa garde a alors été confiée à une équipe officielle chargée de s’occuper de lui, composée notamment de femmes expérimentées telles que Lady Margaret Bryan et Sybil Penne. Plus tard, ses précepteurs ont contribué à faire de lui un jeune roi sérieux et érudit, soumis à la pression exercée par son père, Henri VIII.
10. Élisabeth Ire
L’enfance d’Élisabeth Ire a radicalement changé après l’exécution d’Anne Boleyn, qui a fait perdre à Élisabeth son statut de princesse. Lady Margaret Bryan, Lady Troy et Katherine « Kat » Ashley sont devenues des figures de référence et de soutien pour la future régente. Ashley a pris une importance particulière, offrant à Élisabeth la présence d’un adulte de confiance à la cour.
11. Marie, reine d'Écosse
Marie, reine d’Écosse, est devenue reine alors qu’elle n’avait que six jours. À l’âge de cinq ans, elle fut envoyée en France, où elle fut élevée et éduquée à la cour de France tout en étant préparée à son mariage avec le Dauphin. Ce parcours lui a permis d’acquérir du raffinement, de maîtriser plusieurs langues et d’acquérir l’assurance nécessaire à la vie de cour, mais cela signifiait également qu’elle grandissait loin de ses parents.
12. Jacques VI
Jacques VI d’Écosse a grandi pratiquement sans l’attention de ses parents. Son père fut assassiné alors qu’il n’était encore qu’un nourrisson, et sa mère, Marie, reine d’Écosse, fut contrainte d’abdiquer peu après. Élevé au château de Stirling par des tuteurs, des précepteurs et des régents, il devint, avant son accession au trône, un roi érudit et politiquement avisé.
13. Charles Quint, empereur du Saint-Empire romain germanique
Charles Quint a grandi dans les Pays-Bas sous la tutelle de sa tante, Marguerite d’Autriche. Ses parents étaient la plupart du temps absents, et sa mère fut par la suite écartée du pouvoir politique. La cour de Marguerite inculqua à Charles les mœurs, l’éducation et les habitudes politiques bourguignonnes qu’il mit au service de l’un des plus vastes héritages de l’histoire européenne.
14. Louis XV
Louis XV est devenu le dernier espoir de la lignée royale française après que la maladie eut décimé sa famille proche. Sa gouvernante, Madame de Ventadour, a joué un rôle crucial dans sa survie et son éducation durant ses premières années.
15. Ivan IV
Ivan IV hérita du pouvoir à l’âge de trois ans, à la mort de son père. Sa mère régna en tant que régente pendant quelques années, mais elle mourut avant qu’il n’ait atteint l’âge de huit ans, le laissant à la merci des factions rivales de boyards. Son enfance fut marquée par les luttes politiques et la peur.
16. Christine de Suède
Christine de Suède n’était encore qu’une petite fille lorsque son père mourut pendant la guerre de Trente Ans. Sa mère fut écartée de son éducation, et la jeune reine fut élevée par sa tante, des dames d’honneur, des précepteurs et des hommes d’État. Elle reçut une éducation digne d’un prince, ce qui contribua à faire d’elle l’une des monarques les plus atypiques d’Europe.
17. Akbar
Les premières années de la vie d’Akbar se sont déroulées dans un contexte de dangers et de bouleversements pour la dynastie moghole. Il a été élevé en grande partie par des mères adoptives, dont l’influente Maham Anaga, dont le rôle allait bien au-delà de celui d’une simple nourrice.
18. Hirohito
La petite enfance d’Hirohito s’est déroulée selon les coutumes impériales japonaises plutôt que selon les attentes d’une famille moderne. Environ 70 jours après sa naissance, il fut confié aux soins du comte Kawamura Sumiyoshi, un ancien officier de marine, et fut élevé loin de ses parents pendant ses premières années.
19. Puyi
Puyi devint le dernier empereur de Chine avant même d’avoir trois ans. Les fonctionnaires du palais l’emmenèrent de la maison familiale à la Cité interdite, seule sa nourrice étant autorisée à l’accompagner. Sa vie quotidienne se déroulait au milieu des serviteurs, des eunuques, des cérémonies et des règles, mais sans véritables figures parentales.
20. La reine Liliʻuokalani
La reine Liliʻuokalani a été élevée selon la tradition du hānai, une pratique d’adoption hawaïenne qui renforçait les liens familiaux et les relations entre chefs. Née sous le nom de Lydia Kamakaʻeha, elle est devenue l’enfant hānai d’Abner Pākī et de Laura Kōnia, et a été élevée aux côtés de Bernice Pauahi Bishop. Dans son cas, le fait d’avoir été élevée par d’autres personnes que ses parents biologiques n’était pas une solution de contournement mise en place par la cour, mais une pratique culturelle respectée.