L’histoire regorge de femmes qui ont dû faire preuve de créativité avec leur nom simplement pour évoluer dans le monde avec un peu plus de liberté. Certaines ont utilisé des pseudonymes pour combattre pendant les guerres, d’autres ont adopté des noms de plume pour être prises au sérieux, et d’autres encore ont dissimulé leur identité parce que leur survie en dépendait. Leurs histoires sont fascinantes, car un faux nom n’était pas toujours synonyme de tromperie en soi ; parfois, c’était le seul moyen de franchir les barrières que la société ne cessait de leur dresser. Voici 20 femmes qui ont vécu sous un faux nom.
1. Deborah Sampson dans le rôle de Robert Shurtliff
Deborah Sampson souhaitait prendre les armes pendant la Révolution américaine ; elle s’est donc enrôlée sous le nom de Robert Shurtliff. Elle a servi dans l’Armée continentale en se faisant passer pour un homme et a réussi à dissimuler son identité pendant un certain temps. Lorsque son secret a fini par être dévoilé, elle a obtenu une démobilisation honorable et est devenue par la suite la première femme à percevoir une pension militaire complète aux États-Unis.
2. Sarah Emma Edmonds dans le rôle de Franklin Thompson
Sarah Emma Edmonds s’est engagée dans l’armée de l’Union pendant la guerre de Sécession sous le nom de Franklin Thompson. Elle a exercé les fonctions de soldat et d’infirmière, et des témoignages ultérieurs indiquent également qu’elle aurait mené des missions d’espionnage. Elle s’est déguisée en homme pendant près de deux ans, jusqu’à ce qu’elle contracte le paludisme ; craignant qu’un hôpital militaire ne révèle son sexe biologique, elle a quitté l’armée et a repris sa vie de femme.
3. Hannah Snell dans le rôle de James Gray
Au XVIIIe siècle, Hannah Snell a endossé l’identité de James Gray et a servi dans la marine britannique. Elle aurait combattu à l’étranger tout en dissimulant son sexe, endurant les mêmes conditions de vie difficiles que les hommes qui l’entouraient. De retour en Angleterre, elle a révélé publiquement son identité et a fait de son parcours hors du commun une source de renommée.
4. Cathay Williams dans le rôle de William Cathay
Cathay Williams est née en esclavage et est devenue par la suite la première femme noire connue à s’être enrôlée dans l’armée américaine. Elle s’est enrôlée sous le nom de William Cathay et a servi au sein des « Buffalo Soldiers » pendant près de deux ans après la guerre de Sécession. Un médecin qui la soignait a fini par découvrir son secret, et elle a été renvoyée de l’armée.
5. Nadezhda Durova dans le rôle d'Alexander Sokolov
Nadezhda Durova a tourné le dos à la vie qu’on attendait d’elle et s’est engagée dans la cavalerie russe sous un nom d’homme. Elle a servi pendant les guerres napoléoniennes et s’est fait connaître sous le nom d’Alexandre Sokolov, avant d’adopter également celui d’Alexandre Alexandrov. Ses mémoires ont rendu son parcours d’autant plus remarquable qu’elle ne s’est pas contentée de vivre cette histoire : elle a contribué à faire en sorte qu’elle soit entendue.
6. Loreta Janeta Velazquez dans le rôle de Harry T. Buford
Loreta Janeta Velazquez affirmait avoir combattu aux côtés de la Confédération pendant la Guerre de Sécession sous le nom de Harry T. Buford. Ses mémoires font encore l’objet de débats parmi les historiens, ce qui fait d’elle un personnage complexe plutôt qu’un cas simple. Malgré tout, son histoire s’inscrit dans le contexte plus large des femmes qui ont endossé des identités masculines pour accéder aux milieux militaires.
7. Frances Clayton dans le rôle de Jack Williams
Frances Clayton se serait engagée dans l’armée de l’Union pendant la Guerre de Sécession sous le nom de Jack Williams. Comme c’est souvent le cas pour les récits concernant les femmes soldats de cette époque, il est difficile d’en établir les détails avec précision, mais les grandes lignes de son histoire font désormais partie de la tradition populaire liée à la Guerre de Sécession. Ce qui frappe, c’est l’énorme risque qu’elle prenait, car si son identité avait été découverte, elle aurait pu subir une humiliation, une sanction ou être immédiatement renvoyée.
8. Dorothy Lawrence dans le rôle de Denis Smith
Dorothy Lawrence était une jeune journaliste anglaise qui souhaitait couvrir l’actualité depuis le front pendant la Première Guerre mondiale. Les voies officielles lui ayant barré la route, elle s’est déguisée en soldat et a pris le nom de Denis Smith pour se rapprocher du cœur des combats. Cependant, les conditions de vie difficiles dans les tranchées l’ont poussée à révéler son identité après seulement dix jours, afin de pouvoir recevoir des soins médicaux.
9. Jeanne Baret sous le nom de Jean Baret
Au XVIIIe siècle, Jeanne Baret s’est déguisée en homme, souvent sous le nom de Jean Baret, afin de pouvoir embarquer à bord d’une expédition française faisant le tour du monde. Les femmes n’étant pas autorisées à bord des navires de la marine française à l’époque, cette fausse identité était son seul moyen de participer à ce voyage. On la considère aujourd’hui comme la première femme connue à avoir fait le tour du monde.
10. Ellen Craft dans le rôle d’un planteur blanc
Ellen Craft, fille d’un propriétaire d’esclaves blanc, s’est échappée de l’esclavage avec son mari, William, en adoptant l’un des déguisements les plus audacieux de l’histoire américaine. Elle s’est déguisée en riche propriétaire d’esclaves blanc voyageant avec William, qui se faisait passer pour son serviteur. Cette fausse identité leur a permis de se déplacer dans des lieux publics dangereux, et cette évasion reste l’une des histoires de résistance les plus étonnantes du XIXe siècle.
11. Mary Ann Evans, sous le pseudonyme de George Eliot
Mary Ann Evans, l’auteure de Middlemarch, a publié son ouvrage sous le pseudonyme de George Eliot, car les femmes écrivaines étaient souvent méprisées ou cantonnées à la littérature légère. Ce pseudonyme a permis à son œuvre d’être prise plus au sérieux, même si les lecteurs ont fini par découvrir qui se cachait derrière.
12. Aurore Dupin, alias George Sand
Aurore Dupin est devenue célèbre sous le nom de George Sand, et elle n’a pas vraiment fait preuve de discrétion dans le monde littéraire du XIXe siècle. Elle écrivait des romans, portait parfois des vêtements d’homme en public et s’est forgé une réputation de femme d’une indépendance hors du commun. Le nom qu’elle s’était choisi est devenu si célèbre que beaucoup de gens connaissent mieux ce pseudonyme que son nom de naissance.
13. Charlotte Brontë sous le pseudonyme de Currer Bell
Charlotte Brontë a publié sous le pseudonyme de Currer Bell, en partie parce qu’elle et ses sœurs savaient que les autrices pouvaient être victimes d’injustices. Ce pseudonyme donnait à son œuvre davantage de chances d’être prise au sérieux avant que les lecteurs ne se focalisent sur le genre de l’auteur. Cependant, une fois que Jane Eyre a fait sensation, le secret derrière Currer Bell est devenu beaucoup plus difficile à préserver.
14. Emily Brontë dans le rôle d'Ellis Bell
Emily Brontë a utilisé le pseudonyme d’Ellis Bell lors de la première publication de Les Hauts de Hurlevent. Ce pseudonyme lui a permis de se prémunir contre les préjugés que les critiques nourrissaient souvent à l’égard des femmes écrivains, en particulier celles qui écrivaient des romans intenses et non conventionnels.
15. Anne Brontë dans le rôle d'Acton Bell
Anne Brontë est venue compléter le célèbre trio des Bell en publiant sous le pseudonyme d’Acton Bell. Ses romans abordaient des sujets graves, notamment l’alcoolisme, les relations violentes et le manque de liberté de choix des femmes – des thèmes que tout le monde n’appréciait pas forcément qu’une femme aborde ouvertement. Ce pseudonyme lui offrait une certaine protection, même si ses œuvres avaient tout de même beaucoup à dire une fois que les lecteurs en avaient ouvert la couverture.
16. Sophie Germain dans le rôle de Monsieur LeBlanc
Sophie Germain a utilisé le pseudonyme de « Monsieur LeBlanc » afin de pouvoir correspondre avec les plus grands mathématiciens à une époque où les femmes étaient dissuadées de se lancer dans des études scientifiques sérieuses. Ce pseudonyme lui a permis de faire lire ses idées avant qu’elles ne soient rejetées en raison de son sexe. Lorsque sa véritable identité a été révélée, son talent était déjà trop évident pour être ignoré.
17. Mary Read sous le nom de Mark Read
On se souvient surtout de Mary Read comme l’une des pirates les plus célèbres de l’histoire ; elle a d’ailleurs passé une partie de sa vie sous une identité masculine. Elle se serait habillée en garçon dans sa jeunesse et aurait ensuite servi comme soldat avant de rejoindre finalement un équipage de pirates. Son histoire est largement teintée de légende, mais le fait qu’elle ait utilisé un nom masculin et se soit déguisée reste l’une des raisons pour lesquelles elle occupe encore aujourd’hui une place à part dans l’histoire de la piraterie.
18. Noor Inayat Khan dans le rôle de Madeleine
Noor Inayat Khan a travaillé comme agente du Special Operations Executive britannique pendant la Seconde Guerre mondiale sous le nom de code Madeleine. Opérant en France occupée, elle utilisait de faux papiers et agissait dans le plus grand secret pour envoyer des messages radio dans des conditions effroyables.
19. Virginia Hall dans le rôle de Marie Monin
Virginia Hall a utilisé plusieurs pseudonymes au cours de ses missions de renseignement pendant la Seconde Guerre mondiale, notamment celui de Marie Monin. Elle a mené ses opérations en France occupée alors même qu’elle était traquée par la Gestapo, qui la considérait comme l’une des espionnes les plus dangereuses des Alliés. Ses faux noms n’étaient pas de simples accessoires de mode ; c’étaient des outils de survie dans une carrière fondée sur le sang-froid, la prudence et la vivacité d’esprit.
20. Margaretha Zelle dans le rôle de Mata Hari
Margaretha Zelle s’est fait connaître dans toute l’Europe sous le nom de scène de Mata Hari. Elle s’est forgé une image publique exotique en tant que danseuse, et pendant la Première Guerre mondiale, ce nom a été associé à des accusations d’espionnage. Sa culpabilité fait l’objet de débats depuis des décennies, mais il ne fait aucun doute que le nom de Mata Hari est devenu bien plus célèbre que la femme qui se cachait derrière.