Quand on pense à la Rome antique, ce sont sans doute les grands jeux de gladiateurs, les statues de marbre et les discours grandioses au Sénat qui viennent à l’esprit. Si ces moments historiques majeurs ont certes façonné leur monde, la vie quotidienne d’un Romain lambda était en réalité ponctuée de coutumes incroyablement étranges et extrêmement spécifiques, qui apparaissent rarement dans les films modernes. Qu’il s’agisse d’utiliser des liquides ménagers peu conventionnels pour la lessive ou d’organiser des fêtes entièrement consacrées à de légères insultes publiques, leurs normes sociales étaient d’un chaos merveilleux.
1. Laver le linge avec de l'urine
Si vous vouliez que votre toge blanche soit impeccable et éclatante, vous n’utilisiez pas de savon parfumé. Les Romains récupéraient plutôt l’urine humaine dans les toilettes publiques, car l’ammoniac naturel faisait des merveilles pour éliminer les taches tenaces. Les « fullers », qui étaient les nettoyeurs professionnels de l’époque, passaient leurs journées de travail à piétiner dans des cuves pour frotter les tissus jusqu’à ce qu’ils soient propres.
2. Le Festival des fantômes de Lémurie
Si vous craigniez que des esprits maléfiques ne hantent votre maison, les Romains conseillaient de leur cracher des haricots dessus. Chaque année en mai, à l’occasion de la fête de la Lémurie, les pères de famille devaient faire le tour de leur maison en murmurant des incantations et en jetant des haricots noirs par-dessus leur épaule afin de tenir à distance les ancêtres agités.
3. Boire le sang d’un gladiateur
Chaque fois qu’un combattant tombait dans l’arène, les spectateurs se précipitaient pour récupérer un échantillon frais de ce liquide précieux. De nombreux Romains croyaient sincèrement que consommer l’essence d’un gladiateur courageux et fort pouvait guérir des maladies graves comme l’épilepsie. Ce liquide était essentiellement considéré comme un remède magique aux vertus exceptionnelles, que les gens s’empressaient d’avaler pour renforcer leur santé.
4. Faire le deuil d'un poisson de compagnie
Les patriciens préféraient souvent avoir des bassins à poissons plutôt que des chiens ou des chats. De nombreux Romains s’attachaient énormément à leurs animaux de compagnie et pleuraient leur disparition, les enterraient avec des bijoux en or et érigeaient des statues en leur honneur.
5. Nourrir les poulets sacrés avant la bataille
Les Romains aimaient consulter les poulets avant de partir en guerre. Les prêtres organisaient des cérémonies à bord des navires avant la bataille pour voir si les poulets mangeaient du grain près de l’eau. S’ils le faisaient, c’était un signe favorable, et le général pouvait alors lancer la campagne.
6. Le rasage de la première barbe en guise de sacrifice
Le passage à l’âge adulte constituait une étape cruciale pour les adolescents, et il était marqué par une cérémonie officielle appelée « barbatoria ». Le jeune homme conservait précieusement les tout premiers poils rasés de son visage et les plaçait dans un coffret décoratif en or ou en argent. Ce trésor velu était ensuite offert à sa divinité préférée afin de s’assurer une vie heureuse à l’âge adulte.
7. Porter des bullae pour se protéger
Les « bullae » étaient portées autour du cou des enfants dès leur naissance. Ces amulettes en forme de pochette étaient censées protéger les bébés des mauvais esprits et contenaient généralement des objets auxquels on attribuait des propriétés magiques. Lorsque les garçons atteignaient l’âge adulte, ils attachaient leurs « bullae » aux autels « lar » de leur famille.
8. La fête des Saturnales : inversion des rôles
Pendant les Saturnales, cette fête hivernale débridée, les hiérarchies sociales étaient complètement bouleversées pendant quelques jours chaotiques. Les maîtres allaient même jusqu’à servir le dîner à leurs esclaves, et tout le monde était encouragé à parier, à boire et à jouer ensemble. Il s’agissait d’une période brève, autorisée par l’État.
9. Le baptême au sang de taureau dans les mystères mithriaques
Les membres de haut rang de Mithra, une religion à mystères, devaient se soumettre à des rituels intenses pour adhérer à ce culte. L’une de ces cérémonies consistait notamment à s’agenouiller sous une grille tandis qu’un prêtre sacrifiait un taureau au-dessus d’eux. Ils croyaient ainsi être purifiés spirituellement et renaître à un état d’existence supérieur.
10. Le rituel des coups de fouet des Lupercales
Chaque année, au mois de février, de jeunes nobles parcouraient les rues de Rome vêtus uniquement de sous-vêtements en peau de chèvre. Ils portaient avec eux des lanières de cuir et s’en servaient pour fouetter doucement les femmes qui se trouvaient sur leur chemin. Les femmes accueillaient ces coups avec enthousiasme, car on croyait que cette coutume garantissait la fertilité et soulageait les douleurs des futurs accouchements.
11. Commémoration des défaites lors de la Journée de l'Allia
Les Romains décidèrent de commémorer cette défaite en instaurant une fête. Le 5 août était connu sous le nom de « Jour de l’Allia » et commémorait l’une de leurs plus cuisantes défaites militaires face aux Gaulois. Les Romains refusaient de se lancer dans de nouveaux projets ou de créer des entreprises ce jour-là, car on pensait que cela portait malheur.
12. L'emploi de criminels condamnés comme comédiens de théâtre
Si une pièce de théâtre prévoyait qu’un personnage connaisse une fin atroce sur scène, les metteurs en scène romains privilégiaient le réalisme aux effets spéciaux. Ils remplaçaient à la dernière minute l’acteur professionnel par un criminel condamné, qu’ils exécutaient en direct pour le divertissement du public. Cela transformait un après-midi théâtral ordinaire en une démonstration terriblement réelle de la justice impériale.
13. Des cochons de guerre enflammés contre des éléphants
Les éléphants comptaient peut-être parmi les plus grands ennemis de Rome. Lorsque les éléphants commençaient à avancer au cours d’une bataille, les soldats romains lançaient des cochons enflammés vers l’ennemi. Terrifiés par les flammes et les cris, les éléphants chargeaient alors à travers leurs propres rangs.
14. S'épiler avec du sang de chauve-souris
Les soins corporels revêtaient une importance capitale pour les Romains de la classe supérieure, qui préféraient généralement avoir le corps entièrement dépourvu de poils, de la tête aux pieds. Pour empêcher les poils indésirables de repousser après l’épilation, les gens s’enduisaient la peau d’une pâte à base de sang de chauve-souris. C’était un secret de beauté salissant et écœurant, mais auquel les citoyens ne juraient que par pour conserver un teint lisse.
15. La coutume de l’onction du montant de la porte nuptiale
En réalité, on ne jetait pas de sel par-dessus l’épaule des mariées. En revanche, celles-ci versaient de la graisse de loup ou de l’huile d’olive sur les montants de porte et y nouaient des bandes de laine en guise de talisman de protection contre les sorcières.
16. Utiliser des cerveaux de souris pour fabriquer du dentifrice
Pour conserver un sourire éclatant et lutter contre la mauvaise haleine, les Romains utilisaient des ingrédients pour le moins inquiétants dans leurs routines d’hygiène dentaire. Une recette très répandue consistait à broyer des cerveaux de souris et à mélanger la poudre ainsi obtenue à une pâte pour nettoyer l’émail. Ils étaient fermement convaincus que ce mélange à base de rongeurs permettrait de renforcer leurs dents et de prévenir l’apparition de caries douloureuses au fil du temps.
17. Le culte du doigt coupé
Lorsqu’un Romain décédait loin de chez lui ou au combat, il était difficile de ramener son corps entier pour lui offrir des funérailles traditionnelles. Les proches coupaient alors un seul doigt du défunt et le ramenaient à Rome pour l’enterrer comme il se doit. Ce geste symbolique permettait à la famille d’accomplir les rites religieux nécessaires sans avoir à transporter un corps en décomposition à travers plusieurs provinces.
18. Lancer des pâtisseries lors du festival Liberalia
Le printemps donnait lieu à une fête dédiée à Liber Pater, le dieu de la fertilité et du vin. Les citoyens se rassemblaient dans les rues pour chanter des chansons paillardes et acheter de petits gâteaux sucrés au miel à de vieilles prêtresses. Ces pâtisseries étaient offertes au dieu sur de petits autels portatifs, avant que la foule ne se disperse pour passer la journée à boire et à faire la fête.
19. Verser du vin dans les tombes
On ne pouvait pas se contenter de jeter une coupe de vin sur les tombes de ses proches décédés. Les Romains prenaient la peine d’installer des tuyaux dans leurs tombes afin de pouvoir verser des libations directement dans la bouche de leurs ancêtres lors des festivités.
20. Porter des couronnes pour éviter l'ivresse
Au cours de longs banquets somptueux, les convives se couronnaient souvent de couronnes élaborées, tressées à partir de lierre ou de fleurs. Les Romains étaient fermement convaincus que certaines plantes possédaient des propriétés rafraîchissantes naturelles capables de contrebalancer les effets enivrants. Même si cela ne les empêchait évidemment pas de boire, cela conférait sans aucun doute à la fête une ambiance festive et colorée.