L’histoire adore idéaliser les mariages royaux, mais de nombreuses reines ont passé leur règne aux côtés d’hommes qui les traitaient, au mieux, comme une simple annexe, et, au pire, comme un fardeau. Certaines de ces femmes ont dirigé des royaumes tandis que leurs maris couraient après des maîtresses ou ignoraient complètement le trône. D’autres ont été enfermées, humiliées en public ou mises au rebut dès qu’elles ont cessé d’être politiquement utiles. Naître dans le pouvoir n’a jamais signifié être traitée avec le moindre respect au sein de son foyer. Voici 20 reines dont les maris n’ont jamais été à la hauteur de ce qu’elles apportaient au mariage.
1. Catherine d'Aragon
Catherine a été l’épouse d’Henri VIII pendant plus de deux décennies, restant à ses côtés à travers les guerres et les intrigues politiques, pour finalement être écartée dès qu’il a souhaité une épouse plus jeune et un fils. Henri a passé des années à tenter d’annuler légalement ce mariage. Elle est morte séparée de sa fille, continuant jusqu’à son dernier souffle à affirmer qu’elle était la reine légitime.
2. Anne Boleyn
Anne a attendu des années qu’Henri l’épouse, bouleversant au passage la religion de tout un pays, pour finalement être exécutée moins de trois ans après son mariage. Les accusations portées contre elle étaient, au mieux, sans fondement, montées de toutes pièces dès l’instant où Henri avait décidé qu’il en voulait une autre. Rares sont les maris dans l’histoire à avoir tourné la page aussi vite, ou avec autant de cruauté.
3. Catherine Howard
À peine sortie de l’adolescence, Catherine fut mariée à un roi vieillissant et malade, de plusieurs décennies son aîné. Le tempérament colérique et la paranoïa d’Henri à cette époque de sa vie ne laissaient guère de place à ce qui aurait pu ressembler à un véritable mariage, et elle fut exécutée moins de deux ans plus tard pour des chefs d’accusation qui font encore débat parmi les historiens. Elle n’a jamais vraiment eu sa chance.
4. Catherine Parr
Catherine a survécu à Henri VIII, ce qui, à ce stade de son règne, constituait un véritable exploit. Elle l’a soigné pendant ses dernières années, marquées par la misère, tout en vivant discrètement sous la menace d’une arrestation. Lui avoir survécu était en soi une victoire.
5. Aliénor d'Aquitaine
Éléonore fut l’une des souveraines les plus compétentes de l’Europe médiévale, et Henri II la remercia de son soutien politique en l’emprisonnant pendant seize ans après qu’elle eut soutenu leurs fils dans une rébellion contre lui. Elle lui survécut de nombreuses années et continua à diriger les affaires de l’État jusqu’à un âge avancé. Son emprisonnement ne l’a guère ralentie.
6. Isabelle de France
Édouard II a largement ignoré Isabelle au profit de ses favoris masculins, la reléguant à l’écart de la cour et la laissant politiquement isolée pendant des années. Finissant par en avoir assez, elle a mené une invasion aux côtés de son amant et a contribué à le destituer définitivement du trône.
7. Caroline de Brunswick
George IV a interdit à Caroline d’assister à son propre couronnement et a passé une grande partie de leur mariage à entretenir des maîtresses au vu et au su de la cour. Leur nuit de noces se serait terminée alors qu’il était trop ivre pour fonctionner, ce qui a donné le ton à la majeure partie de ce qui a suivi. L’opinion publique s’est largement rangée de son côté, et on comprend aisément pourquoi.
8. Sophie-Dorothée de Celle
Sophia Dorothea a été enfermée dans un château pendant plus de trente ans après que Georges Ier l’eut accusée d’avoir une liaison, alors que lui-même continuait ouvertement à fréquenter ses propres maîtresses pendant tout ce temps. Son amant aurait été assassiné en raison de sa relation avec elle. Elle n’a plus jamais revu ses enfants après le début de son emprisonnement.
9. Catherine de Bragance
Charles II entretenait à la cour une succession de maîtresses, dont certaines étaient plus ouvertement reconnues que sa propre épouse. On attendait de Catherine qu’elle fasse bonne figure, ce qu’elle fit d’ailleurs dans l’ensemble, dans l’intérêt de la stabilité politique.
10. Alexandra de Danemark
Les aventures d’Édouard VII ont été un secret de polichinelle pendant la majeure partie de leur mariage, menées avec un manque de discrétion qui frôlait l’irrespect. Alexandra a supporté cette situation avec un sang-froid qui a impressionné même ses détracteurs. L’Histoire garde de sa grâce un souvenir bien plus favorable que de celui de son comportement.
11. Marie-Thérèse d'Espagne
Louis XIV accordait une place de choix à ses maîtresses à Versailles ; celles-ci étaient souvent plus en vue que son épouse légitime lors des réceptions à la cour. Marie-Thérèse était largement tenue à l’écart de la culture fastueuse que Louis avait créée autour de lui. Elle aurait déclaré que ses jours les plus heureux étaient les rares occasions où il restait à la maison.
12. Marie Leszczyńska
La longue succession de maîtresses de Louis XV, parmi lesquelles figurait la célèbre et influente Madame de Pompadour, relégua Marie Leszczyńska en marge de son propre mariage. Elle se tourna vers la religion et une vie familiale tranquille, tandis que la cour gravitait autour de la maîtresse qui avait les faveurs du roi cette année-là.
13. Joséphine de Beauharnais
Joséphine a soutenu Napoléon tout au long de son ascension au pouvoir, avant d’être répudiée lorsqu’elle ne parvint pas à lui donner un héritier, malgré les aventures extraconjugales bien connues de ce dernier pendant ses campagnes militaires. Il a continué à lui écrire pendant des années après leur séparation, ce qui en dit long sur l’estime qu’il lui portait réellement. Mais cela n’a tout simplement pas suffi à changer le cours de leur mariage.
14. L'impératrice Élisabeth d'Autriche
L’attachement de François-Joseph pour sa mère ne laissait guère de place à Élisabeth dans leur mariage, et celle-ci se retrouva dès le début sous la coupe de sa belle-mère. Elle passa une grande partie de ses dernières années à voyager pour échapper à la cour rigide dans laquelle elle avait été amenée à s’intégrer. La distance entre eux ne fit que s’accroître avec le temps.
15. Catherine de Médicis
Henri II n’a jamais caché son attachement pour sa maîtresse, Diane de Poitiers, qui exerçait une plus grande influence à la cour que Catherine pendant la majeure partie de leur mariage. Catherine a attendu des années avant d’accéder au pouvoir, qu’elle n’a obtenu qu’après la mort de son époux, lorsqu’elle a dirigé la France en tant que régente pour le compte de ses fils. Elle s’est révélée bien plus compétente qu’il ne l’avait jamais été.
16. Jeanne de Castille
Philippe le Beau lui a été infidèle à maintes reprises tout au long de leur mariage, et après sa mort, son père, puis son fils, ont invoqué des prétextes liés à son état mental pour la maintenir enfermée et l’écarter du pouvoir. Il était dans l’intérêt de tous ceux qui l’entouraient de la réduire au silence.
17. Catherine la Grande
Avant de devenir impératrice, Catherine a enduré un mariage profondément malheureux avec Pierre III, qui, selon certaines sources, préférait les petits soldats et sa maîtresse à toute véritable relation avec elle. Elle a fini par orchestrer sa destitution totale. Il s’est avéré qu’elle était bien plus apte à régner que lui ne l’avait jamais été.
18. Charlotte de Belgique
Charlotte, qui prit plus tard le nom de Carlota, suivit Maximilien au Mexique pour soutenir son empire éphémère, malgré un mariage mis à rude épreuve par les infidélités dont on l’accusait et ses longues absences. Lorsque ce projet politique s’effondra et qu’il fut exécuté, elle passa le reste de sa longue vie dans un état de santé mentale de plus en plus précaire. L’ambition était surtout la sienne, mais c’est elle qui en paya le prix bien plus longtemps.
19. La reine Min de Corée
Gojong confia une grande partie de la gestion effective des affaires publiques et de la modernisation de la Corée à Min, qui se révéla être, des deux, celle dotée de l’esprit politique le plus vif. La faiblesse et l’indécision de son mari à la tête du royaume rendirent celui-ci vulnérable, et elle finit par être assassinée par des agents étrangers alors qu’il ne lui offrait guère de protection réelle. C’est elle qui accomplit le travail le plus difficile et qui en paya le prix le plus lourd.
20. Marie-Caroline d'Autriche
Ferdinand IV de Naples ne manifestait guère d’intérêt pour la gouvernance proprement dite, laissant à Marie-Caroline le soin de gérer les affaires courantes du royaume tandis qu’il se consacrait à la chasse. Elle a mené des négociations et gouverné avec efficacité pendant des années, sans pour autant en tirer le moindre mérite.