La mort s’accompagne généralement d’un deuil, mais l’histoire, comme on pouvait s’y attendre, regorge d’exceptions. Qu’il s’agisse de dictateurs, de chefs militaires, de criminels recherchés ou de personnalités politiques de haut rang, la fin de leur ère a été accueillie avec soulagement… et même avec des célébrations. En parcourant cette liste, vous ressentirez peut-être même un étrange sentiment de paix en sachant que ces 20 personnages ont connu le sort qu’ils méritaient.
1. L'empereur Domitien
Lorsque l’empereur romain Domitien fut assassiné en 96 apr. J.-C., les membres du Sénat réagirent avec une satisfaction non dissimulée. Ils lui en voulaient pour son régime autocratique, les humiliations publiques qu’il leur avait infligées et les exécutions de Romains éminents. Les sénateurs condamnèrent rapidement sa mémoire, effacèrent son nom des inscriptions et ordonnèrent la destruction d’un grand nombre de ses statues, même si l’armée se montra bien moins satisfaite de sa mort.
2. L'empereur Commode
Commodus fut étranglé dans son bain le 31 décembre de l’an 192, après que des membres de son entourage eurent appris qu’il avait l’intention de les faire tuer. Le Sénat romain le déclara ennemi public et annula les changements grandioses qu’il avait apportés aux noms de Rome et de ses institutions. Les statues qui lui rendaient hommage furent renversées, tandis que les dignitaires se réjouissaient de la fin d’un empereur dont on se souvenait pour sa cruauté, son instabilité et son obsession de se produire en gladiateur.
3. Richard III
Richard III trouva la mort au combat lors de la bataille de Bosworth Field, le 22 août 1485, marquant ainsi la fin prochaine de la Guerre des Deux-Roses. Les partisans d’Henri Tudor, vainqueur de la bataille, considérèrent la défaite et la mort de Richard comme l’élimination d’un usurpateur, même si cette interprétation était fortement influencée par la propagande des Tudor. L’arrivée d’Henri fut célébrée par ceux qui espéraient que sa victoire rétablirait la stabilité politique après des décennies de conflit.
4. La reine Marie Ire
À la mort de Marie Ire d’Angleterre, le 17 novembre 1558, de nombreux protestants se réjouirent de l’accession au trône de sa demi-sœur Élisabeth. La persécution menée par Marie à l’encontre de ses opposants religieux avait conduit au bûcher de près de 300 protestants, suscitant un profond ressentiment dans certaines régions du pays. Des cloches, des feux de joie et des festivités publiques marquèrent l’avènement d’Élisabeth, faisant du jour de la mort de Marie une fête protestante qui perdure encore aujourd’hui.
5. Maximilien Robespierre
Robespierre fut guillotiné le 28 juillet 1794, après que ses compagnons révolutionnaires se furent retournés contre lui. Son exécution contribua à mettre fin au Règne de la Terreur, au cours duquel des milliers de personnes soupçonnées d’être des ennemis de la Révolution française avaient été condamnées. La foule acclama l’exécution de Robespierre et de ses plus proches alliés, soulagée de voir que la machine politique de la terreur avait enfin englouti l’un de ses principaux architectes.
6. Grigori Raspoutine
La nouvelle du meurtre de Raspoutine en décembre 1916 ravit de nombreux membres de l’aristocratie et de la classe politique russes. Ceux-ci estimaient que ce mystique controversé avait acquis une influence dangereuse sur l’impératrice Alexandra et avait terni la réputation de la monarchie pendant la Première Guerre mondiale. Cette réaction ne faisait pas l’unanimité, mais parmi ses ennemis issus de l’élite, ses assassins furent brièvement salués comme ceux qui avaient sauvé la Russie d’une présence corruptrice.
7. Le tsar Nicolas II
L’exécution de Nicolas II et de sa famille en juillet 1918 fut saluée par certains bolcheviks convaincus comme la destruction définitive de la monarchie russe. Les dirigeants révolutionnaires présentèrent l’ancien tsar comme un symbole de l’autocratie, de l’échec militaire et de la répression violente de la dissidence. Beaucoup d’autres personnes furent horrifiées par le massacre de toute la famille, et ces réactions mirent en évidence les divisions extrêmes engendrées par la Révolution russe.
8. Adolf Hitler
Hitler s’est suicidé dans son bunker berlinois le 30 avril 1945, alors que les forces soviétiques se resserraient autour de lui. Dans tous les pays qui avaient souffert de l’occupation nazie, la confirmation de sa mort a été source d’un immense soulagement, même si la guerre en Europe s’est poursuivie pendant encore plusieurs jours. Les gigantesques célébrations du Jour de la Victoire en Europe qui ont suivi la capitulation de l’Allemagne ont également marqué l’effondrement de la dictature qu’il avait instaurée.
9. Benito Mussolini
Le 28 avril 1945, des partisans italiens ont capturé et exécuté Benito Mussolini alors qu’il tentait de fuir le nord de l’Italie. Son corps a été transporté sur la Piazzale Loreto à Milan, où une foule en colère a hué, frappé et maltraité la dépouille du dictateur déchu. Cette réaction reflétait des années de répression fasciste, de guerre et d’occupation, même si certains Italiens continuaient à le soutenir ou à le pleurer.
10. Joseph Staline
La mort de Staline, le 5 mars 1953, a suscité un immense deuil collectif dans toute l’Union soviétique, en grande partie encouragé par l’État. Au sein des prisons, des camps de travail et des communautés déportées, cependant, certaines victimes ont réagi par des célébrations en privé et un regain d’espoir de libération. Ses successeurs ont rapidement réduit le système du Goulag et accordé une vaste amnistie, donnant ainsi l’impression que sa mort pouvait marquer une échappatoire à des années de répression.
11. Rafael Trujillo
Le dictateur dominicain Rafael Trujillo a été assassiné le 30 mai 1961, après avoir dirigé le pays pendant plus de trois décennies. Son régime s’était appuyé sur la surveillance, la torture, les assassinats et un culte de la personnalité intense qui imposait son nom et son image dans tous les domaines de la vie publique. De nombreux Dominicains se sont réjouis de sa mort, même si la crainte de représailles a dans un premier temps empêché certaines personnes d’exprimer ouvertement leur soulagement.
12. François « Papa Doc » Duvalier
François Duvalier est décédé en Haïti le 21 avril 1971, après avoir instauré l’une des dictatures les plus redoutées des Caraïbes. Les Haïtiens qui avaient fui sa police secrète et ses forces paramilitaires ont accueilli sa mort avec soulagement, en particulier au sein des communautés d’exilés. Leur optimisme s’est toutefois rapidement estompé, car le pouvoir a été directement transmis à son fils de 19 ans, Jean-Claude Duvalier, permettant ainsi à la dictature familiale de se perpétuer.
13. Pablo Escobar
Le trafiquant de drogue colombien Pablo Escobar a été tué par les forces de sécurité à Medellín le 2 décembre 1993. Les habitants, épuisés par les attentats à la bombe, les assassinats, les enlèvements et les guerres entre cartels, ont célébré cette nouvelle, tandis que des policiers posaient triomphalement à côté de son corps. Pourtant, des milliers de personnes ont assisté à ses funérailles, ce qui montre que son argent, ses projets publics et l’image qu’il s’était soigneusement forgée au niveau local lui avaient également valu des partisans dévoués.
14. Nicolae Ceaușescu
Le dictateur roumain Nicolae Ceaușescu et son épouse, Elena, ont été exécutés le 25 décembre 1989, à l’issue d’un procès militaire mené à la hâte. La nouvelle de leur mort s’est répandue alors que les Roumains célébraient déjà l’effondrement d’un gouvernement connu pour sa censure, la terreur exercée par la police secrète, les pénuries et une austérité sévère. L’exécution elle-même reste controversée, mais la fin du régime de Ceaușescu a été accueillie par une liesse publique indéniable.
15. Pol Pot
Pol Pot est décédé en avril 1998 alors qu’il était détenu par ses anciens camarades khmers rouges au Cambodge. Les survivants de ce régime, responsable de la mort d’environ 1,5 à 2 millions de personnes, ont exprimé leur soulagement, mais beaucoup ont regretté qu’il n’ait jamais été traduit devant un tribunal international. Sa mort a mis fin à toute possibilité d’un véritable jugement devant les tribunaux, laissant place à des sentiments mitigés, entre joie, colère et déception.
16. Slobodan Milošević
L’ancien président serbe et yougoslave Slobodan Milošević est décédé dans sa cellule de prison à La Haye le 11 mars 2006. De nombreux Albanais du Kosovo et Bosniaques, qui associaient son gouvernement à la répression, au nettoyage ethnique et à la guerre, ont célébré cette nouvelle ou l’ont ouvertement saluée. Ses partisans en Serbie ont pleuré sa disparition, ce qui montre à quel point les interprétations de son règne divergeaient encore fortement à travers l’ex-Yougoslavie.
17. Saddam Hussein
Saddam Hussein a été exécuté par pendaison à Bagdad le 30 décembre 2006, après avoir été reconnu coupable de crimes contre l’humanité. Certains Irakiens, notamment des membres de communautés persécutées sous son régime, ont célébré cet événement par des coups de feu, des danses et des rassemblements publics. D’autres ont condamné le moment choisi, les modalités et le climat sectaire qui ont entouré cette exécution, l’empêchant ainsi de devenir un moment de rassemblement national.
18. Oussama ben Laden
Les forces américaines ont tué Oussama ben Laden au Pakistan le 2 mai 2011, heure locale, près d’une décennie après les attentats du 11 septembre. À l’annonce de la nouvelle, des foules se sont rassemblées devant la Maison Blanche et à Ground Zero, agitant des drapeaux et scandant des slogans pour saluer cette nouvelle. Les célébrations ont été particulièrement émouvantes pour les personnes qui avaient perdu des proches lors d’attentats terroristes liés à Al-Qaïda.
19. Francisco Franco
Francisco Franco est décédé le 20 novembre 1975, après avoir dirigé l’Espagne en tant que dictateur militaire pendant près de quatre décennies. Son régime avait été marqué par la répression politique, la censure, ainsi que l’emprisonnement ou l’exécution d’opposants à la suite de la guerre civile espagnole. Alors qu’un deuil officiel était imposé en Espagne, de nombreux exilés politiques et groupes d’opposition à l’étranger ont salué la nouvelle de sa mort, y voyant la fin d’une ère de régime autoritaire. Au cours des années qui suivirent, l’Espagne entama une transition progressive vers la démocratie, redéfinissant ainsi l’avenir politique du pays.
20. Fidel Castro
Le décès de Fidel Castro, survenu le 25 novembre 2016, a donné lieu à neuf jours de deuil officiel à Cuba et à d’importantes commémorations parmi ses partisans. À Miami, des milliers d’exilés cubains et leurs descendants ont envahi les rues, agitant des drapeaux, tapant sur des casseroles et débouchant des bouteilles de champagne. Pour les familles qui avaient fui l’emprisonnement, les confiscations de biens, les persécutions politiques ou les difficultés économiques, sa mort représentait la fin symbolique d’un dirigeant auquel elles s’étaient opposées pendant des décennies.