Contrairement à ce que les manuels scolaires voudraient vous faire croire, les châtiments historiques n’étaient pas toujours réservés aux actes de violence ou à la rébellion. Les gouvernements, les officiers militaires et les souverains irrités sanctionnaient les gens pour les raisons les plus farfelues qui soient — comme le fait de porter un chapeau inadapté ou d’être trop apprécié. Si vous pensiez que les lois d’aujourd’hui étaient farfelues, vous n’avez aucune idée de ce à quoi les gens du passé devaient faire face, et ces 20 exemples pourraient bien vous ouvrir un peu les yeux.
1. Un sénateur romain a été puni pour avoir embrassé sa femme
Oui, vous avez bien lu. Alors qu’il occupait la fonction de censeur en 184 av. J.-C., Caton l’Ancien a exclu le sénateur Manilius du Sénat romain. Son crime ? Manilius avait embrassé sa femme en plein jour, sous les yeux de leur fille.
2. Un roi spartiate a été condamné à une amende à cause de la taille de sa femme
Les autorités spartiates avaient autrefois infligé une amende au roi Archidame II après qu’il eut épousé une femme nommée Eupolia. Était-elle issue d’une autre famille ou s’agissait-il d’une sorte de succube ? Non : sa petite taille était jugée indigne d’une reine. Elles craignaient que ce mariage ne donne naissance à des « petits rois » plutôt qu’à des rois dignes de ce nom.
3. Rufinus possédait trop d'argent
Vers 275 av. J.-C., le censeur romain Gaius Fabricius exclut Publius Cornelius Rufinus du Sénat pour luxe excessif. Certes, cette expression pouvait recouvrir bien des choses, mais Rufinus avait déjà exercé deux fois la fonction de consul et on découvrit qu’il possédait environ 10 livres d’argenterie de table… ce qui est sans doute bien plus que ce dont quiconque a besoin.
4. Les soldats romains ont perdu du blé
Les commandants romains punissaient parfois les soldats tombés en disgrâce en remplaçant leur ration habituelle de blé par de l’orge. Cela peut nous sembler anodin aujourd’hui, mais à l’époque, c’était une sanction très lourde. Cette substitution leur assurait certes de quoi se nourrir, mais l’orge était associée à un statut social inférieur et rendait la honte du soldat visible à chaque repas.
5. Les boulangers malhonnêtes vendaient du mauvais pain
Les lois anglaises du Moyen Âge réglementaient le poids d’une miche de pain en fonction de l’évolution des prix des céréales. Ainsi, si un boulanger était surpris en train de vendre du pain en dessous du poids réglementaire, il risquait d’être traîné dans les rues avec la miche non conforme attachée autour du cou. Bien sûr, les autorités auraient pu se contenter de lui infliger une amende, mais elles voulaient que tout le quartier soit témoin de ses méfaits.
6. Des Anglais ont été condamnés à une amende pour ne pas avoir porté de chapeau le dimanche
Oubliez l’interdiction de porter du blanc après la Fête du Travail : une loi de 1571 obligeait la plupart des hommes anglais âgés de plus de six ans à porter des bonnets en laine fabriqués dans le pays les dimanches et jours fériés. Bien sûr, les nobles en étaient exemptés, mais les gens du peuple risquaient une amende s’ils ne portaient pas de couvre-chef approuvé par le gouvernement.
7. Des familles ont été condamnées à une amende pour avoir utilisé un tissu non conforme
Les lois anglaises sur l’inhumation en laine (Burying in Woollen Acts) exigeaient que la plupart des défunts soient enterrés dans des linceuls entièrement confectionnés en laine anglaise. Il ne suffisait pas non plus de simplement affirmer que c’était le cas. Les proches devaient fournir une déclaration sous serment confirmant que le tissu approprié avait bien été utilisé, et tout manquement à cette règle pouvait entraîner une amende de 5 livres sterling.
8. Jonas Fairbanks s'est attiré des ennuis à cause de ses bottes
La loi somptuaire de 1651 de la baie du Massachusetts stipulait qu’il était interdit de se promener vêtu de vêtements coûteux si la valeur de son patrimoine était inférieure à 200 livres sterling. Or, en 1652, Jonas Fairbanks fut convoqué pour avoir porté de « grandes bottes » trop grandes, que les autorités jugeaient inadaptées à son rang social. L’affaire fut finalement classée sans suite.
9. Robert Coles a dû porter un « D » rouge
Après plusieurs infractions liées à l’ivresse, le colon Robert Coles s’est vu infliger une sanction qui a fait de ses vêtements un symbole public. En 1634, le tribunal lui a ordonné de porter une lettre « D » rouge sur fond blanc chaque fois qu’il se trouvait en présence d’autres personnes. Cette peine devait durer un an, et Coles s’est même vu temporairement privé de son droit de vote.
10. Des fidèles écossais assis sur le banc de pénitence
Les consistoires écossais ordonnaient aux personnes accusées d’infractions morales ou religieuses de s’asseoir sur un tabouret de pénitence très particulier, devant l’assemblée. Ce tabouret était utilisé pour toutes sortes d’infractions, allant de l’adultère à l’absence à l’église, en passant par le travail le dimanche.
11. John Stubbs a perdu sa main
En 1579, John Stubbs publia un pamphlet critiquant le projet de mariage de la reine Élisabeth Ire avec François, duc d’Anjou. Cela ne tarda pas à se retourner contre lui, et Stubbs fut condamné pour écrits séditieux. On lui coupa alors la main droite en public avant de l’emprisonner.
12. Pierre le Grand a instauré un impôt sur la pilosité faciale
Pierre le Grand a instauré un impôt sur la barbe dans le cadre de ses efforts visant à donner aux Russes une apparence plus proche de celle des Européens de l’Ouest. Les hommes qui s’acquittaient de cet impôt recevaient un jeton spécial, mais ceux qui ne le payaient pas (ou qui refusaient tout simplement de le faire) se faisaient raser de force.
13. Paul Ier a envoyé la police à la poursuite des porteurs de chapeaux ronds
L’empereur Paul Ier était convaincu d’une chose : les chapeaux ronds symbolisaient la France révolutionnaire. Il les interdit donc en Russie. Cela signifiait que la police pouvait interpeller les personnes portant le mauvais modèle, leur retirer leur chapeau, voire découper certains éléments de leurs vêtements. Après l’assassinat de Paul en 1801, de nombreux Russes recommencèrent à porter ces vêtements interdits.
14. Voltaire a passé un an à la Bastille
La satire peut aujourd’hui vous attirer des ennuis, mais elle était particulièrement dangereuse à l’époque. Il suffit de demander à Voltaire, dont les premiers écrits ont attiré l’attention du gouvernement français bien avant qu’il ne devienne le défenseur de la liberté d’expression en Europe. En 1717, il a été emprisonné à la Bastille pendant 11 mois pour avoir écrit des vers se moquant du régent.
15. Rochester a remis au roi le mauvais poème
En parlant de satire, John Wilmot, comte de Rochester, a écrit une satire cinglante sur Charles II. Au départ, il n’y avait pas de mal à cela ; il comptait la garder à l’écart des mauvaises personnes… jusqu’en 1674, lorsqu’il remit par erreur le poème au roi au lieu d’un texte plus inoffensif que Charles lui avait demandé. Rochester s’enfuit de la cour et se cacha pendant des mois.
16. Napoléon a banni Madame de Staël de Paris
Germaine de Staël a vraiment irrité Napoléon en critiquant son gouvernement et en entretenant un cercle influent d’intellectuels. Vous savez ce qu’on dit de l’ego de Napoléon, et il finit par lui interdire de s’approcher à moins de 40 lieues (125 miles) de Paris.
17. Des jurés ont été emprisonnés pour avoir rendu un verdict erroné
Lors du procès des quakers William Penn et William Mead, en 1670, le jury refusa de prononcer le verdict de culpabilité exigé par le tribunal. Le juge le prit comme une offense personnelle et les priva de nourriture et d’eau. Il acheva ensuite de les punir en leur infligeant une amende et une peine d’emprisonnement.
18. Le Parlement n'a cessé de rejeter le choix des électeurs
John Wilkes a été exclu de la Chambre des communes pour avoir publié des textes jugés obscènes. Les électeurs du Middlesex l’ont réélu en 1769, mais après la quatrième élection, les autorités ont attribué le siège à son adversaire, qui avait pourtant été battu.
19. Les aspirants ont été envoyés au mât
Vers 1791, les officiers de la Royal Navy recouraient à une pratique appelée « mastheading » à l’encontre des aspirants accusés d’infractions mineures. Ceux-ci étaient retenus au sommet du mât, exposés au vent et au regard de tous ceux qui se trouvaient en bas. Des témoignages de la marine ont confirmé par la suite que cette pratique était considérée comme un élément habituel, voire juridiquement défendable, de la discipline militaire.
20. William Pattin a dû monter sur le cheval de bois
En 1775, une cour martiale de l’Armée continentale a condamné William Pattin pour avoir maltraité plusieurs personnes alors qu’il était détenu au quartier de garde. C’est George Washington lui-même qui a approuvé cette sentence cruelle : Pattin a dû rester assis pendant 15 minutes sur le cheval de bois au dos pointu, à la tête de son régiment. Cette épreuve, brève, douloureuse et publique, a comblé les officiers.