Les anciens manuels de conseils nous offrent un aperçu révélateur des normes auxquelles les hommes étaient censés se conformer, même s’ils ne montrent pas à quoi ressemblait réellement chaque mariage derrière les portes closes. Les idées de la fin du XIXe siècle figurant dans cette liste reflétaient largement les valeurs chrétiennes de la classe moyenne, les hommes étant considérés comme les soutiens de famille et les chefs de foyer, tandis que les femmes se chargeaient de la plupart des tâches ménagères. Même dans ce cadre inégalitaire, ramener un salaire à la maison ne suffisait pas pour faire de quelqu’un un mari modèle. On attendait également des hommes qu’ils soient affectueux, honnêtes en matière d’argent, fidèles, calmes en cas de désaccord, qu’ils soutiennent leur femme pendant la grossesse et qu’ils soient disposés à s’occuper de leurs enfants. Ces 20 qualités ont contribué à façonner la conception de l’époque de ce qui faisait d’un homme « un bon mari ».
1. Subvenir aux besoins du foyer
On attendait d’un mari qu’il apporte l’argent et le soutien matériel nécessaires au bon fonctionnement du foyer, que la famille vive dans l’aisance ou qu’elle doive compter chaque centime. Il n’avait pas besoin d’être riche, mais il devait être fiable et comprendre que la vie conjugale impliquait des responsabilités allant au-delà du simple fait de payer sa propre nourriture, ses vêtements et ses loisirs.
2. Vivre selon ses moyens
Commencer sa vie de couple avec des meubles de luxe, une maison impressionnante et une pile de factures impayées était considéré comme une mauvaise idée. On encourageait les maris à vivre modestement, à économiser dès qu’ils le pouvaient et à ne pas compter sur une future augmentation de salaire ou un coup de chance pour couvrir des dépenses qu’ils ne pouvaient pas se permettre. Une maison plus petite, dont les coûts étaient gérables, était considérée comme une bien meilleure base qu’un style de vie séduisant mais fondé sur l’endettement.
3. Donner à sa femme l'argent qui lui appartient
Certains manuels d’autrefois critiquaient vivement les maris qui obligeaient leurs femmes à demander chaque centime et à justifier chaque petit achat. Une femme était censée recevoir régulièrement une somme d’argent pour ses dépenses personnelles, même lorsque le budget familial était serré. Lui accorder cette liberté était présenté comme une question de confiance et de respect élémentaire, plutôt que comme une faveur particulière qu’elle devait mériter.
4. Dire la vérité sur l'argent
Une épouse ne pouvait pas gérer correctement le budget du foyer si son mari lui cachait ses revenus, ses dettes ou ses problèmes professionnels. On attendait d’un bon mari qu’il explique ce qu’il gagnait réellement et qu’il donne à son épouse une image claire de la situation financière de la famille.
5. Poursuivre la cour
Le mariage n’était pas censé mettre fin aux compliments, aux gestes attentionnés ou aux marques d’affection. On encourageait les maris à continuer de traiter leurs épouses comme des amoureuses, en leur adressant des mots gentils, en organisant des sorties agréables et en prenant du temps l’un pour l’autre.
6. Passer du temps à la maison
Les clubs, les loges, les bars et les longues soirées entre amis étaient souvent cités comme des exemples d’endroits où les maris absents perdaient leur temps. Un homme marié pouvait certes continuer à fréquenter d’autres personnes, mais il n’était pas censé laisser sa femme seule à la maison soir après soir.
7. Veiller à ce qu’elle ait des loisirs
Les tâches ménagères et la garde des enfants restaient un travail, même lorsque l’on considérait qu’il s’agissait du rôle naturel de la femme. On demandait aux maris de veiller à ce que leurs épouses aient l’occasion de se reposer, de rendre visite à des amis, de profiter d’une sortie ou simplement de passer un peu de temps loin des tâches ménagères.
8. Contribuer à créer un cadre de vie agréable
C’était généralement à l’épouse qu’incombait la majeure partie des tâches ménagères, mais on attendait tout de même du mari qu’il contribue au confort et au bonheur du foyer. Il pouvait s’occuper de la propriété, aménager le jardin, embellir les abords de la maison et passer des moments de qualité avec sa famille.
9. Considérer sa femme comme une compagne
Un mariage solide était parfois décrit comme un partenariat dans lequel le mari et la femme traversaient ensemble les bons moments comme les périodes difficiles. Au lieu de cacher tous ses soucis ou de supposer que sa femme ne pouvait pas comprendre les questions sérieuses, un bon mari partageait avec elle ses espoirs, ses revers et ses décisions.
10. Écouter ses conseils
Les anciens manuels sur le mariage pouvaient se montrer très contradictoires quant aux capacités des femmes, mais certains conseillaient tout de même aux maris d’écouter les conseils de leur épouse. L’homme qui la consultait était présenté comme plus avisé que celui qui tenait à prendre seul toutes les décisions concernant le foyer ou les finances.
11. La corriger avec gentillesse
De nombreux ouvrages de conseils reprenaient l’idée injuste selon laquelle un mari pouvait avoir besoin de « corriger » sa femme, mais ils ne considéraient pas la cruauté comme acceptable. Toute critique devait se faire en privé, dans le calme et avec tendresse.
12. La féliciter pour son travail
On avait tendance à négliger les tâches ménagères. On encourageait les maris à remarquer la cuisine, la couture, le ménage, la garde des enfants et toutes les autres tâches qui rendaient la vie de famille agréable. On attendait également d’eux qu’ils expriment leur reconnaissance pour ces efforts, plutôt que de supposer que leurs épouses devaient en quelque sorte deviner à quel point ils leur en étaient reconnaissants.
13. Préserver la confidentialité des affaires privées
Le mariage était souvent considéré comme une sphère privée de la vie qui ne devait pas être exposée au regard de tous. Un mari fidèle ne divertissait pas ses amis en racontant les défauts de sa femme et ne racontait pas à ses proches tous les détails de leur dernière dispute. Garder les affaires personnelles au sein du couple était considéré comme un signe fondamental de loyauté et de respect.
14. L'empêcher de se retrouver dans une situation embarrassante
Critiquer son épouse devant des invités, des enfants, des domestiques ou des voisins était considéré comme particulièrement cruel. Même lorsqu’elle commettait une erreur, on attendait d’un mari attentionné qu’il préserve sa dignité et qu’il attende d’être seul avec elle pour en discuter.
15. Maîtriser son tempérament
Les guides pratiques mettaient les couples en garde contre les échanges houleux où chacun cherchait à dire ce qui blesserait le plus l’autre avant que l’un ou l’autre ne se soit calmé. On attendait d’un bon mari qu’il s’abstienne de prononcer des paroles dures, qu’il réagisse à la colère avec retenue et qu’il revienne sur le désaccord lorsque la conversation pouvait se dérouler dans le calme.
16. Rester fidèle
Certains auteurs ont ouvertement rejeté ce double standard qui excusait chez les maris des comportements qui auraient ruiné la réputation d’une épouse. La fidélité était présentée comme un devoir identique pour les deux conjoints, et les aventures extraconjugales du mari étaient considérées comme de graves trahisons.
17. Éviter les habitudes égoïstes
La consommation excessive d’alcool, les jeux d’argent, le tabac et les sorties nocturnes coûteuses étaient souvent cités pour décrire un mari qui faisait passer ses propres plaisirs avant tout. Ces habitudes privaient le foyer d’argent et de temps. Une femme pouvait se retrouver à raccommoder des vêtements usés ou à réduire les dépenses de base tandis que son mari dépensait sans compter.
18. Respecter ses choix concernant son corps
Quelques manuels de la fin du XIXe siècle affirmaient clairement que le mariage ne faisait pas d’une épouse la propriété de son mari, ni corps ni âme. Ils condamnaient les hommes qui faisaient fi de la réticence, de la douleur, de la maladie ou de l’épuisement de leur femme. On attendait d’un mari qu’il maîtrise ses propres désirs et qu’il traite le bien-être, les souhaits et le droit de refus de son épouse avec attention et respect.
19. La soutenir tout au long de sa grossesse et de son accouchement
La grossesse était considérée comme une période durant laquelle le mari devait faire preuve d’une patience, d’une attention et d’une douceur particulières. On l’encourageait à s’informer sur ce que vivait son épouse, à suivre les conseils du médecin, à apaiser ses craintes et à prendre des mesures pour réduire son stress. Lors de l’accouchement, sa présence était jugée utile lorsqu’il était capable d’apporter un soutien serein et efficace.
20. Assumer ses responsabilités envers ses enfants
Certains manuels se moquaient des pères qui agissaient comme si les bébés appartenaient entièrement à leur mère ou qui estimaient que s’occuper des enfants était indigne d’un homme. Un bon mari savait tenir le bébé dans ses bras, pousser la poussette, passer du temps dans la chambre du bébé et offrir à sa femme fatiguée une véritable occasion de se reposer. Élever des enfants était source de travail et de plaisir pour les deux parents, et pas seulement pour la mère.