Toutes les monarchies de l’histoire ont établi leur propre labyrinthe de règles, et ceux qui portaient la couronne y étaient souvent tout aussi soumis que n’importe qui d’autre. Certaines de ces coutumes privaient un souverain de son intimité, d’autres l’empêchaient de choisir librement son conjoint, et quelques-unes lui coûtaient bien plus que cela. Vu de l’extérieur, le trône semblait synonyme de liberté totale, mais de nombreux monarques ont passé tout leur règne à accomplir des rituels qu’ils ne pouvaient jamais ignorer. Voici 20 règles que de véritables monarques étaient personnellement tenus de respecter.
1. Louis XV a hérité d'un rituel qu'il n'avait jamais choisi
La « levée » quotidienne et le souper public que Louis XIV avait mis en place pour contrôler ses nobles n’ont pas disparu à sa mort ; ils ont simplement été repris par son arrière-petit-fils. Louis XV aurait trouvé ces audiences incessantes épuisantes, mais il n’avait pas son mot à dire, car renoncer au rituel instauré par son prédécesseur aurait été perçu comme un signe de faiblesse politique.
2. Les sultans ottomans étaient tenus de tuer leurs propres frères
En vertu d’une loi attribuée à Mehmed II au XVe siècle, un nouveau sultan n’était pas seulement autorisé, mais tenu d’exécuter ses frères dès son accession au trône. Lorsque Mehmed III hérita du trône en 1595, la coutume l’obligea à faire étrangler dix-neuf de ses frères et demi-frères en une seule nuit.
3. Henri VIII n'était jamais seul, même aux toilettes
Le « Groom of the Stool » accompagnait Henri VIII même lors de ses besoins les plus intimes, une coutume que le roi ne pouvait en aucun cas modifier. Cela signifiait que l’un des hommes les plus puissants d’Angleterre ne pouvait toujours pas aller aux toilettes sans la présence d’un témoin.
4. Élisabeth Ire n'a pas pu épouser la personne de son choix
En tant que reine, Élisabeth Ire a passé des décennies à recevoir des demandes en mariage venues de toute l’Europe, sans pouvoir en accepter aucune sans provoquer une crise politique quelque part. Elle a fini par renoncer à se marier et s’est décrite comme « mariée à l’Angleterre » à la place.
5. Les empereurs chinois devaient s'agenouiller devant le Ciel
Bien qu’il fût l’autorité suprême sur terre, l’empereur était néanmoins tenu d’effectuer trois prosternations et neuf génuflexions au Temple du Ciel de Pékin lors du sacrifice annuel. L’empereur Qianlong, comme tous les souverains avant lui, devait, sur ordre, poser physiquement sa tête au sol.
6. Napoléon a dû divorcer pour avoir un héritier
Une fois que Napoléon Bonaparte fut devenu empereur, avoir un héritier mâle cessa d’être une option et devint une question de survie de l’État. Malgré des années d’attachement sincère à Joséphine, les pressions dynastiques finirent par le contraindre à divorcer d’elle et à épouser Marie-Louise d’Autriche à sa place.
7. Moctezuma II ne pouvait pas porter deux fois la même tenue ni manger sous le regard de qui que ce soit
En tant que souverain de l’Empire aztèque, Moctezuma II aurait changé de vêtements plusieurs fois par jour et aurait dû veiller à ne jamais porter deux fois le même vêtement. Il devait également prendre chacun de ses repas à l’abri d’un paravent, car le fait d’être vu en train de manger était considéré comme indigne de sa position.
8. L'empereur inca ne pouvait jamais toucher le sol
Atahualpa, le dernier Sapa Inca indépendant, était transporté partout sur une litière plutôt que de marcher parmi son peuple. Le fait que ses pieds touchent la terre aurait remis en cause son statut de descendant du soleil.
9. Marie-Antoinette devait attendre pour se faire habiller
À Versailles, la cérémonie matinale d’habillage de la reine suivait un ordre hiérarchique strict, et seule la femme la plus haut placée dans la pièce était autorisée à lui tendre chaque vêtement. On raconte que Marie-Antoinette restait à demi-habillée les matins froids, en attendant l’arrivée de la dame désignée.
10. La reine Victoria a porté le deuil pendant des décennies
Après la mort du prince Albert en 1861, la reine Victoria s’engagea à porter le deuil jusqu’à la fin de ses jours, une règle personnelle qu’elle n’enfreignit jamais. Les coutumes de deuil en vigueur à la cour à cette époque dictaient précisément quels tissus et quels bijoux elle pouvait porter à chaque étape de son deuil.
11. Les pharaons égyptiens devaient se marier au sein de leur famille
Afin de préserver une lignée considérée comme divine, les pharaons de la dynastie ptolémaïque, y compris les proches parents de Cléopâtre, étaient tenus d’épouser leurs frères et sœurs plutôt que de choisir librement leur conjoint. Cette obligation visait à protéger la succession contre toute influence extérieure.
12. Akbar devait se présenter tous les jours à l'aube
L’empereur moghol Akbar était tenu de se montrer chaque matin à une fenêtre en saillie appelée « jharokha », afin que ses sujets puissent l’apercevoir et lui faire part de leurs doléances. Les empereurs qui lui succédèrent, tels que Jahangir et Shah Jahan, ont maintenu cette tradition pendant des décennies.
13. Hatchepsout a dû porter une fausse barbe pour être prise au sérieux
En tant que l’une des rares femmes pharaons de l’Égypte antique, Hatchepsout a dû adopter la fausse barbe cérémonielle que seuls les souverains masculins portaient traditionnellement. Les statues qui nous sont parvenues la représentent portant cette fausse barbe, ainsi que d’autres insignes royaux typiquement masculins.
14. Les empereurs japonais ne devaient pas laisser leurs pieds toucher le sol
Au cours de la cérémonie d’intronisation connue sous le nom de « Daijosai », une natte est déroulée devant l’empereur et enroulée derrière lui afin que ses pieds n’entrent jamais en contact avec la terre nue. Cette coutume remonte à plusieurs siècles et est toujours en vigueur aujourd’hui ; elle est considérée comme une protection contre la souillure spirituelle.
15. Les sultans ottomans quittaient rarement leur propre palais
Sous Soliman le Magnifique et les sultans qui lui succédèrent, la vie consistait de plus en plus à rester à l’intérieur du palais de Topkapi de manière quasi permanente. Ne quitter l’enceinte du palais était généralement réservé à la prière du vendredi ou aux campagnes militaires, et non à un choix personnel.
16. Pierre le Grand a d'abord dû rompre avec la tradition de son propre pays
Avant d’imposer à quiconque de se raser la barbe, Pierre le Grand s’est lui-même rasé le visage et a adopté des vêtements de style occidental, rompant ainsi avec des siècles de tradition orthodoxe russe qui considérait la pilosité faciale comme sacrée. Il ne pouvait pas exiger de manière crédible ce changement de la part de ses nobles sans l’avoir lui-même mis en pratique au préalable.
17. Catherine la Grande a dû se convertir avant de pouvoir régner
Née princesse allemande sous le nom de Sophie, Catherine la Grande a dû se convertir à l’orthodoxie russe et adopter un nouveau nom ainsi qu’une nouvelle langue avant de pouvoir épouser un membre de la famille impériale. Pour régner sur la Russie, elle a dû renoncer à la majeure partie de son identité d’origine, condition sine qua non à son accession au trône.
18. Gengis Khan était soumis à sa propre « règle du seuil »
Selon la Yassa, le code juridique attribué à Gengis Khan, marcher sur le seuil d’une yourte était considéré comme une infraction grave, et ce tabou s’appliquait au khan lui-même chaque fois qu’il pénétrait dans la tente d’autrui. Même le fondateur de l’empire n’était pas exempté d’une règle qu’il avait lui-même contribué à faire respecter.
19. Les empereurs chinois devaient tout de même observer un deuil pour leurs parents
La coutume confucéenne imposait une période de deuil d’environ trois ans après le décès d’un parent, et même l’empereur n’en était pas entièrement dispensé. Comme il n’était pas réaliste de se retirer des affaires de l’État pendant une période aussi longue, la tradition a réduit sa période de deuil personnelle à 27 jours au lieu de plusieurs mois.
20. Élisabeth II ne pouvait pas refuser un cadeau
Qu’un dignitaire étranger ou une personne bien intentionnée remette à Élisabeth II lors d’une visite officielle, le protocole l’obligeait à l’accepter avec courtoisie, aussi étrange ou peu pratique que fût l’objet. Refuser sur-le-champ n’était tout simplement pas envisageable ; le sort réservé à cet objet était réglé plus tard, à l’abri des caméras.