La plupart de ce que les gens pensent savoir sur les Vikings provient des films, et les films ne se privent pas d’exagérer. L’histoire réelle s’avère plus étrange que les casques à cornes et les pillages incessants que la plupart d’entre nous avons imaginés en grandissant. Certains de ces faits ressemblent à un mythe inventé pour un documentaire, et pourtant, les sources historiques les confirment à maintes reprises. Les archéologues ne cessent de mettre au jour des détails qui ne correspondent absolument pas au stéréotype, qu’il s’agisse de leurs habitudes de toilette ou de leur maquillage pour les yeux. Voici 20 faits sur les Vikings qui semblent inventés de toutes pièces, mais qui tiennent la route lorsqu’on y regarde de plus près.
1. Le jour du bain était un rituel hebdomadaire
Le mot vieux norrois désignant le samedi, « laugardagr », signifie en gros « jour du bain », et les Vikings prenaient cela au pied de la lettre. Se laver régulièrement était une pratique si courante que, des siècles plus tard, on appelle encore aujourd’hui le samedi « laugardagur » en islandais. Comparé à une grande partie de l’Europe médiévale, ce niveau d’hygiène était inhabituel.
2. Les femmes vikings pouvaient posséder des biens et demander le divorce
Le droit viking accordait aux femmes des droits rares pour l’époque, notamment celui de posséder des biens et de demander le divorce si le mariage ne fonctionnait pas. C’est ce dernier point qui surprend le plus, car le divorce demandé par une femme était pratiquement inconnu ailleurs en Europe médiévale. Cela ne signifiait pas une égalité totale, mais, sur le papier, les femmes vikings avaient une longueur d’avance sur leurs voisines.
3. Ils ont atteint l'Amérique du Nord cinq siècles avant Christophe Colomb
Une colonie viking située à L’Anse aux Meadows, à Terre-Neuve, remonte à environ l’an 1000, soit quelque 500 ans avant que Christophe Colomb ne prenne la mer. Il s’agit du seul site viking confirmé en Amérique du Nord, où l’on peut encore voir les vestiges de constructions en tourbe et d’outils en fer. Les sagas faisaient allusion à un lieu appelé Vinland depuis des siècles avant que les archéologues ne trouvent enfin la preuve de son existence.
4. Certains guerriers étaient des femmes
Une tombe célèbre datant de l’époque viking, située à Birka, en Suède, contenait un ensemble complet d’armes et on avait autrefois supposé qu’elle appartenait à un guerrier masculin, simplement en raison de son contenu. Des analyses ADN réalisées en 2017 ont confirmé que le squelette était celui d’une femme. Les historiens débattent encore de la nature exacte de son rôle au combat, mais cette sépulture a contraint à repenser la nature même des guerriers vikings.
5. Les Vikings portaient de l'eyeliner
Un voyageur arabe du nom d’Ahmad ibn Fadlan, qui a rencontré des marchands vikings le long de la Volga au Xe siècle, a écrit que tant les hommes que les femmes se maquillaient les yeux avec un produit cosmétique foncé. D’après son récit, ce maquillage n’était pas seulement décoratif, mais semblait également être un signe de statut social. C’est un détail qui ne correspond pas à l’image de guerrier rude que la plupart des gens ont d’eux.
6. Leurs navires pouvaient mener des raids loin à l'intérieur des terres
Les drakkars vikings avaient un tirant d’eau suffisamment faible pour remonter les fleuves, et pas seulement pour naviguer en pleine mer, ce qui permettait aux expéditions de pillage de s’attaquer à des villes qui semblaient incroyablement éloignées de la côte. Paris fut attaquée de cette manière en 845, et Séville subit un raid viking qui remonta le Guadalquivir. La conception qui a fait la renommée des navires vikings en pleine mer est la même qui leur a permis de se rendre pratiquement partout où il y avait un fleuve.
7. Les berserkers combattaient en état de transe
Le mot « berserker » provient probablement d’un terme du vieux norrois signifiant « chemise d’ours », qui désignait des guerriers se plongeant dans un état de frénésie avant la bataille. Les récits les décrivent comme combattant sans armure et apparemment insensibles à la douleur sur le moment. Les historiens débattent encore pour savoir si cette transe résultait d’un rituel ou de pure adrénaline, mais quoi qu’il en soit, cette réputation leur est restée.
8. Le Parlement islandais a plus de mille ans
L’Althing, fondé en Islande en 930, est l’une des plus anciennes institutions parlementaires encore en activité dans le monde. Les hommes libres se réunissaient une fois par an à Thingvellir pour régler leurs différends et assister à la lecture publique des lois. Il a fonctionné pendant des siècles avant que l’Islande ne se dote d’un roi.
9. Ils se sont peut-être orientés à l'aide de pierres solaires
Les sagas islandaises font mention d’un « sólarsteinn », ou « pierre du soleil », utilisé pour déterminer la position du soleil même à travers une épaisse couche nuageuse. Des expériences modernes menées avec des cristaux de calcite ont démontré que cette méthode pouvait effectivement fonctionner, grâce à la façon dont ce minéral polarise la lumière. Qu’il s’agisse d’une pratique courante ou d’une astuce rare, cela témoigne de compétences en navigation bien au-delà de la simple intuition.
10. L'entretien personnel était en quelque sorte un sport de compétition
On retrouve sans cesse des peignes, des pinces à épiler et des cure-oreilles dans les tombes vikings, parfois même plus souvent que des armes. Un écrivain anglais du Moyen Âge se plaignait que les Danois se peignaient les cheveux tous les jours et se baignaient tous les samedis, et que les Anglaises trouvaient cela un peu trop séduisant. Il s’avère que la vanité faisait partie intégrante de leur culture.
11. Ils ont patiné sur des os
Les Vikings attachaient à leurs pieds des os d’animaux sculptés et utilisaient des bâtons pour se propulser sur les lacs et les rivières gelés : il s’agissait d’une forme primitive de patinage privilégiant la vitesse au détriment de l’élégance. Les archéologues ont découvert ces patins en os sur divers sites à travers la Scandinavie. C’était un moyen de transport hivernal pratique bien avant que quiconque n’ait songé à fixer une lame métallique à une botte.
12. Ils jouaient à un jeu de stratégie appelé « Hnefatafl »
Le Hnefatafl, parfois appelé « King’s Table », était un jeu de société dans lequel un camp défendait une pièce représentant un roi tandis que l’autre camp tentait de la capturer. Des plateaux et des pièces ont été découverts dans des tombes à travers tout le monde viking, ce qui laisse penser que ce jeu était suffisamment populaire pour être enterré aux côtés des défunts. Il est de loin antérieur aux échecs en Scandinavie.
13. Leurs routes commerciales s'étendaient jusqu'à Bagdad
Les marchands vikings empruntaient les voies fluviales qui traversaient la Russie jusqu’à la mer Caspienne, rapportant des milliers de pièces d’argent arabes. À elle seule, l’île de Gotland a livré plus de dirhams d’argent islamiques que presque n’importe quel autre endroit du monde viking. Si les raids retiennent toute l’attention, le commerce jouait un rôle tout aussi essentiel dans les moyens de subsistance des Vikings.
14. Certains faisaient partie de la garde rapprochée de l'empereur byzantin
La Garde varangienne était une unité d’élite composée de guerriers nordiques qui servaient de gardes du corps personnels à l’empereur byzantin à Constantinople. Servir au sein de cette garde était considéré comme un moyen d’accéder à une grande richesse, et des hommes venaient spécialement de Scandinavie pour s’y enrôler. On a même retrouvé des graffitis runiques gravés par des membres de la garde sur des monuments situés aussi loin que Sainte-Sophie.
15. Certaines épées portaient une signature
Un ensemble d’épées datant de l’époque viking porte l’inscription « Ulfberht » ; elles sont fabriquées à partir d’un acier bien plus pur que celui que la plupart des forgerons européens étaient capables de produire à l’époque. Les chercheurs pensent que la matière première pourrait provenir d’acier de creuset importé via les réseaux commerciaux islamiques. En posséder une aurait été, au Moyen Âge, l’équivalent d’un symbole de statut social.
16. Les assemblées locales ont réglé les différends de manière démocratique
Au-delà de l’Althing islandais, de petites assemblées régionales appelées « Things » se réunissaient régulièrement pour régler les conflits et établir des règles locales. Les hommes libres pouvaient s’exprimer et défendre leur cause directement, plutôt que de laisser toute décision entre les mains d’un chef de clan. Ce n’était pas une démocratie au sens moderne du terme, mais cela donnait aux gens ordinaires une véritable voix.
17. Certains Vikings se faisaient graver des rainures sur les dents
Des squelettes datant de l’époque viking en Suède ont été découverts avec des rainures horizontales délibérément creusées dans leurs dents de devant. Les chercheurs s’interrogent encore sur la raison exacte de cette pratique : s’agissait-il d’un signe de statut social ou plutôt d’une forme d’intimidation ? Quoi qu’il en soit, c’est l’un des détails les plus surprenants mis en lumière par la dentisterie de l’époque viking.
18. « Viking » était un métier, pas une identité
À l’origine, ce terme désignait une activité, à savoir les expéditions de pillage ou le commerce outre-mer, et non un groupe ethnique ou un mode de vie bien défini. La plupart des Scandinaves de l’époque étaient des agriculteurs, des pêcheurs et des artisans qui ne quittaient jamais leur foyer. Seule une partie de la population se lançait réellement dans les expéditions « vikings » à un moment donné.
19. Ils portaient des vêtements plus colorés qu'on ne le pense
Parmi les fragments de textiles retrouvés à Birka, on trouve de la soie importée et des bandes tissées avec des fils d’argent et d’or, ce qui est bien loin des fourrures ternes dans lesquelles on représente généralement les Vikings. L’analyse des colorants présents sur les tissus conservés a révélé des rouges et des bleus, loin des teintes sourdes que la plupart des gens imaginent. Le statut social s’affichait clairement à travers les vêtements, et pas seulement à travers les armes.
20. Une sépulture funéraire dans un navire a mis au jour des femmes de haut rang
Le navire d’Oseberg, mis au jour en Norvège en 1904, renfermait les restes de deux femmes enterrées avec un ensemble extraordinaire d’objets funéraires, allant d’un traîneau finement sculpté à un char cérémoniel. L’ampleur de cette sépulture laisse supposer qu’au moins l’une d’entre elles jouissait d’un véritable statut social. Cette découverte reste l’une des plus riches jamais réalisées de l’époque viking.