Bien avant que les frontières actuelles ne se dessinent, l’Asie était parsemée de royaumes qui contrôlaient les routes commerciales, conquéraient leurs voisins et construisaient des villes qui comptaient autrefois parmi les plus importantes du monde. Certains se sont finalement transformés en empires plus connus, tandis que d’autres ont été absorbés par des rivaux plus puissants et ont failli disparaître de l’histoire populaire. Vous reconnaîtrez peut-être quelques noms sur les cartes anciennes, mais d’autres n’apparaissent que rarement en dehors des livres d’histoire. À leur apogée, cependant, ces 20 royaumes comptaient parmi les plus importants au monde.
1. Le royaume de Srivijaya
À partir du VIIe siècle environ, Srivijaya s’imposa comme l’une des grandes puissances maritimes d’Asie du Sud-Est depuis sa base de Sumatra. Ses dirigeants tirèrent un immense profit du contrôle du trafic maritime dans le détroit de Malacca, l’un des axes les plus importants reliant l’océan Indien à la mer de Chine méridionale. Srivijaya devint également un centre d’enseignement bouddhiste influent, avant que sa puissance ne s’estompe progressivement à mesure que ses rivaux régionaux gagnaient en puissance.
2. Le royaume de Champa
Pendant des siècles, le Champa a contrôlé une grande partie du littoral de ce qui est aujourd’hui le centre et le sud du Vietnam. Grâce à sa situation géographique, le royaume a prospéré grâce au commerce maritime, tandis que ses souverains faisaient construire de somptueux temples hindous, influencés par leurs liens avec l’Inde. Le Champa a livré à plusieurs reprises des combats contre les États voisins vietnamiens et khmers avant que son territoire ne soit progressivement absorbé par le Vietnam.
3. Les royaumes de Dvaravati
Avant que la Thaïlande ne soit dominée par les royaumes de langue thaï que la plupart des gens connaissent aujourd’hui, le peuple mon avait établi un ensemble de puissants centres Dvaravati à travers la région. À partir du VIe siècle environ, ces communautés ont contribué à la diffusion du bouddhisme theravada et ont développé des villes prospères reliées entre elles par le commerce. Leur structure politique reste quelque peu mystérieuse, mais leur influence culturelle a perduré bien après la perte de leur indépendance.
4. Le royaume païen
Les milliers de temples qui parsèment la région de Bagan telle qu’on la connaît aujourd’hui donnent une idée de la richesse dont jouissait autrefois le royaume de Pagan. À partir du XIe siècle, ses souverains ont réuni une grande partie de l’actuel Myanmar sous une seule autorité politique et ont fait du bouddhisme theravada un élément central de l’identité du royaume. Le royaume de Pagan a fini par s’affaiblir à la fin du XIIIe siècle, lorsque la pression mongole et des problèmes internes ont ébranlé l’autorité royale.
5. Le royaume de Lan Xang
Fondé au XIVe siècle, Lan Xang finit par contrôler un vaste territoire centré sur l’actuel Laos. Son nom est généralement traduit par « Royaume du million d’éléphants », ce qui reflétait à la fois la symbolique royale et l’importance des éléphants dans l’art de la guerre. Le royaume resta une grande puissance de l’Asie du Sud-Est continentale pendant des siècles avant de se fragmenter en États rivaux au début du XVIIIe siècle.
6. Le royaume de Sukhothai
Sukhothai est parfois éclipsé par le royaume d’Ayutthaya, plus récent et plus puissant, mais il a joué un rôle important dans les débuts de l’histoire thaïlandaise. Au cours des XIIIe et XIVe siècles, ses souverains ont étendu leur autorité sur certaines régions de l’Asie du Sud-Est continentale, tout en soutenant le bouddhisme theravada et une tradition artistique propre. À mesure qu’Ayutthaya s’étendait, Sukhothai a progressivement perdu son indépendance avant d’être finalement absorbé.
7. Le royaume de Mrauk U
Située à l’extrémité occidentale de l’actuel Myanmar, Mrauk U devint le centre d’un royaume prospère étroitement lié au golfe du Bengale. Du XVe au XVIIe siècle, ses souverains contrôlaient d’importantes routes commerciales et entretenaient des liens culturels avec le Bengale ainsi qu’avec l’Asie du Sud-Est. Les imposants temples en pierre de l’ancienne capitale témoignent du fait que ce royaume était autrefois bien plus qu’un simple État côtier isolé.
8. Le royaume d'Ahom
Le royaume d’Ahom a régné sur une grande partie de l’Assam, dans le nord-est de l’Inde, pendant près de six siècles, à partir des années 1200. Ses souverains ont mis en place un système politique efficace, ont étendu leur domination à travers la vallée du Brahmapoutre et ont défendu la région à maintes reprises contre les puissances étrangères. Les forces d’Ahom sont notamment restées célèbres pour avoir résisté à plusieurs tentatives des Moghols visant à placer définitivement l’Assam sous leur contrôle impérial.
9. Le royaume de Kamarupa
Bien avant l’apparition des Ahoms, Kamarupa était l’une des puissances politiques dominantes du nord-est de l’Inde. Dès le premier millénaire, ses souverains contrôlaient de vastes portions de la vallée du Brahmapoutre et entretenaient des relations diplomatiques avec d’autres grands États indiens. Plusieurs dynasties se sont succédé sous le nom de Kamarupa avant que le royaume ne se fragmente finalement en plusieurs petites entités.
10. Le royaume de Pala
Les souverains de la dynastie des Pala ont fait leur apparition au Bengale au VIIIe siècle et sont rapidement devenus l’une des puissances les plus importantes du nord de l’Inde. À différentes époques, leurs armées ont contrôlé ou exercé leur influence sur de vastes parties du Bengale, du Bihar et des régions voisines, tout en rivalisant avec d’autres dynasties pour le contrôle du nord de l’Inde. Les Pala étaient également de grands mécènes des institutions bouddhistes, notamment de célèbres monastères qui attiraient des érudits venus de toute l’Asie.
11. Le royaume de Khotan
Située à la lisière sud du désert du Taklamakan, Khotan occupait une position extrêmement stratégique le long de la Route de la Soie. Ce royaume-oasis s’est illustré par son jade, ses textiles, son bouddhisme et ses échanges commerciaux reliant la Chine à l’Asie centrale et à l’Asie du Sud. Des voisins puissants se sont disputé à maintes reprises son influence, mais Khotan a conservé son identité royale pendant des siècles avant d’être conquise au début du XIe siècle.
12. Le royaume de Qocho
Le royaume ouïghour de Qocho s’est développé autour d’importantes villes-oasis telles que Turpan après l’effondrement du khanat ouïghour au IXe siècle. Grâce à sa situation géographique le long des principales routes commerciales, ce royaume est devenu un carrefour où se croisaient les traditions bouddhistes, manichéennes, chrétiennes et d’autres traditions culturelles. Il a survécu pendant des siècles en sachant ménager ses relations avec des puissances bien plus importantes, avant d’être finalement intégré au monde mongol en pleine expansion.
13. Le royaume de Guge
Caché au cœur des montagnes de l’ouest du Tibet, le royaume de Guge est devenu un important royaume himalayen après l’effondrement de l’Empire tibétain. À partir du Xe siècle environ, ses souverains ont contrôlé des territoires situés le long des routes reliant le Tibet à l’Inde et à l’Asie centrale. Guge a également joué un rôle majeur dans la renaissance du bouddhisme au Tibet, même si le royaume lui-même a fini par disparaître au XVIIe siècle.
14. Le royaume des Ryukyu
Les îles Ryukyu n’ont pas toujours été considérées comme la pointe sud du Japon. Dès le XVe siècle, le royaume des Ryukyu a mis en place un réseau commercial maritime florissant reliant le Japon, la Chine, la Corée et l’Asie du Sud-Est. Ses rois régnaient depuis Shuri, sur l’île d’Okinawa, et ont développé une culture propre avant que le Japon n’annexe officiellement le royaume au XIXe siècle.
15. Le royaume de Balhae
Après la chute de Goguryeo, le royaume de Balhae vit le jour à la fin du VIIe siècle sur une partie de la Mandchourie, de la péninsule coréenne et de l’Extrême-Orient russe. Ce royaume devint une puissance régionale de premier plan, dotée de grandes villes, de relations diplomatiques et d’un système administratif influencé par la Chine voisine. Le royaume de Balhae perdura pendant plus de deux siècles avant d’être conquis par les Kitan en 926.
16. Le royaume de Goguryeo
Parmi les trois anciens royaumes de Corée, le Goguryeo contrôlait de loin le plus vaste territoire à son apogée. Ses souverains régnaient sur le nord de la Corée et sur une grande partie de la Mandchourie, construisant des cités fortifiées et livrant sans cesse bataille aux puissantes dynasties chinoises. Le Goguryeo finit par succomber en 668, après avoir subi les attaques répétées d’une alliance entre le Silla et la dynastie chinoise des Tang.
17. Le royaume de Silla
Au départ, le Silla était le plus petit et le plus fragile des trois royaumes de Corée, mais cette situation n’a pas duré. En s’alliant à la Chine des Tang, il a vaincu le Baekje et le Goguryeo au VIIe siècle et a fini par contrôler la majeure partie de la péninsule coréenne. Le Silla unifié a ensuite connu plusieurs siècles de prospérité culturelle et économique, avant que la fragmentation politique n’affaiblisse le royaume.
18. Le royaume d'Haripunjaya
Situé autour de la ville aujourd’hui connue sous le nom de Lamphun, dans le nord de la Thaïlande, Haripunjaya était un important royaume mon bien avant l’essor de Chiang Mai. Il prospéra en tant que centre bouddhiste et commercial, et sa situation géographique lui permit d’exercer une influence sur les régions environnantes du nord de l’Asie du Sud-Est continentale. Le royaume de Lan Na, en pleine expansion, conquit Haripunjaya vers la fin du XIIIe siècle, mais bon nombre de ses traditions religieuses perdurèrent.
19. Le royaume de Kedah
L’ancienne Kedah occupait une position stratégique sur la péninsule malaise, où passaient régulièrement les marchands qui faisaient la navette entre l’océan Indien et l’Asie du Sud-Est. Les découvertes archéologiques montrent que les colonies de la région participaient au commerce international plusieurs siècles avant que Malacca ne devienne célèbre pour la même activité, plus au sud. Au fil du temps, différentes dynasties et puissances étrangères ont exercé leur influence sur Kedah, mais son importance historique en fait l’un des États commerciaux les plus méconnus d’Asie du Sud-Est.
20. Le royaume de Funan
Avant qu’Angkor et l’Empire khmer ne dominent l’Asie du Sud-Est continentale, les sources chinoises faisaient état d’un puissant État connu sous le nom de Funan, situé dans la région du bas Mékong. Entre le Ier et le VIe siècle environ, ses souverains tirèrent profit du commerce maritime reliant l’Inde, la Chine et l’Asie du Sud-Est, tout en adoptant certains éléments de la religion et de la culture politique indiennes. De nombreux aspects du Funan font encore l’objet de débats en raison du caractère limité des informations qui nous sont parvenues, mais il s’agissait clairement de l’un des tout premiers grands centres politiques et commerciaux de la région.