L’époque victorienne, qui s’étendit de 1837 à 1901 sous le règne de la reine Victoria, s’accompagnait d’une longue liste d’attentes sociales à l’égard des femmes, en particulier celles issues des classes moyennes et supérieures. La réputation d’une femme pouvait influencer ses perspectives de mariage, son statut social et même la respectabilité de sa famille, ce qui conférait aux décisions quotidiennes une importance surprenante. Qu’il s’agisse de choisir une tenue appropriée ou de mener une conversation avec des hommes, les femmes devaient respecter des règles qui privilégiaient souvent la modestie, l’obéissance et les responsabilités domestiques.
1. Protégez toujours votre réputation
À cette époque, la réputation d’une femme revêtait une importance capitale. Si des rumeurs se répandaient sur ses activités, sur les personnes qu’elle fréquentait ou sur son manque de bienséance, sa réputation en était ternie. Que ces rumeurs soient fondées ou non n’avait guère d’importance aux yeux de beaucoup de gens.
2. S'habiller avec pudeur en public
À l’époque victorienne, il fallait respecter de nombreuses règles si l’on souhaitait se conformer aux normes vestimentaires. Au quotidien, la tenue devait couvrir la majeure partie du corps. Les femmes aisées pouvaient dépenser des sommes considérables pour se constituer une garde-robe appropriée, tandis que celles issues de la classe ouvrière disposaient souvent d’un choix plus restreint de vêtements. Avoir une apparence respectable n’était pas seulement une question de goût personnel ; c’était aussi un moyen d’afficher son statut social.
3. Apprendre l'art de gérer un foyer
Pour les femmes issues des classes moyennes et supérieures, la gestion du foyer était largement considérée comme une responsabilité essentielle, même si les domestiques se chargeaient d’une grande partie du travail physique. Il fallait savoir organiser les repas et gérer le budget du foyer. Il y avait également des personnes engagées pour nettoyer la maison et préparer les repas. Quoi qu’il en soit, il fallait savoir être une femme au foyer.
4. Évitez d'être trop directe avec les hommes
La cour était régie par des règles destinées à protéger la réputation des femmes et à distinguer les comportements respectables de ce qui était considéré comme inconvenant. On apprenait aux femmes à ne pas manifester trop d’intérêt pour un homme. Selon l’endroit où l’on vivait et selon que l’on était riche ou pauvre, il existait de nombreuses façons de rencontrer un homme.
5. Comprendre l'importance d'un accompagnateur
Si vous étiez une femme célibataire sortant avec un homme, il valait mieux avoir un chaperon. Il s’agissait généralement de votre mère ou d’une autre femme de votre entourage. C’était là un autre moyen de vous éviter de ternir votre réputation. Les relations amoureuses étaient bien sûr possibles, mais pour préserver votre intimité, il fallait souvent s’organiser bien à l’avance.
6. Maîtrisez les règles de la conversation
Il y avait certains sujets dont il semblait inapproprié de parler si l’on était une « bonne » dame. Il ne fallait pas se montrer trop coquette. Les bonnes manières consistaient notamment à savoir quand prendre la parole, comment s’adresser aux gens et comment éviter de mettre dans l’embarras un hôte ou un invité. En bref, les compétences sociales avaient leur importance, et dire une chose déplacée en mauvaise compagnie pouvait vous suivre jusque chez vous, par le biais du réseau de commérages du quartier.
7. Apprendre la couture et d'autres activités ménagères
La couture, la broderie, les raccommodages et autres formes de travaux d’aiguille étaient considérés comme des compétences essentielles pour de nombreuses jeunes filles et femmes de l’époque victorienne. Ces compétences étaient utiles au quotidien pour les familles. Bien sûr, certaines dames avaient les moyens de s’offrir de belles robes, mais apprendre à coudre permettait également à certaines femmes de gagner leur vie. Cela pouvait aussi s’avérer utile lors des fréquentations.
8. Méfiez-vous des cadeaux offerts par des hommes
Certains cadeaux offerts par un homme pourraient nuire à votre réputation si les gens en déduisaient que vous sortez ensemble. Par exemple, si un homme vous offrait un cadeau coûteux, les gens pourraient penser que vous êtes fiancée. Les bijoux pourraient également donner lieu à des suppositions à votre sujet.
9. Sachez vous comporter lors d'événements sociaux
Lorsqu’on participait à des réceptions, il fallait connaître les règles de bienséance. Si l’on vous présentait à de nombreuses personnes, vous ne saviez peut-être pas à qui parler ni avec qui nouer des liens d’amitié. Votre âge et vos liens familiaux jouaient un rôle déterminant dans la façon dont vous étiez accueilli.
10. Ne laissez pas l'ambition prendre le pas sur la respectabilité
Vous auriez peut-être souhaité approfondir vos connaissances ou travailler, mais votre vie était généralement restreinte. Les femmes passaient une grande partie de leur vie à se marier et à élever leurs enfants. De ce fait, peu d’emplois leur étaient accessibles. Pourtant, de nombreuses femmes de l’époque victorienne ont défié ces attentes en devenant écrivaines, enseignantes, réformatrices et militantes en faveur d’une plus grande égalité des chances.
11. Garder son sang-froid
Il n’était pas de bon ton de laisser transparaître trop d’émotions en public si l’on voulait conserver une image respectable. Les gens vous méprisaient si vous vous mettiez en colère ou si vous vous comportiez de manière inconvenante. Comme pour tout le reste, cela dépendait de votre situation financière, mais vous deviez tout de même vous comporter comme si vous étiez plus avisé que les autres.
12. Considérer le mariage comme un objectif majeur dans la vie
Il y avait de nombreuses raisons de se marier quand on était une femme issue de la classe moyenne ou aisée. L’une d’entre elles était que cela permettait de se soucier moins de la façon dont on allait payer les factures. Rester célibataire n’était pas nécessairement un déshonneur, mais cela pouvait susciter des questions indésirables sur l’avenir d’une femme.
13. Se renseigner sur les règles du deuil
Les coutumes funéraires victoriennes imposaient des règles précises en matière d’habillement et de comportement après un décès, en particulier au sein des classes moyennes et supérieures. On attendait souvent des veuves qu’elles s’habillent en noir et observent une longue période de deuil, dont la durée et les modalités dépendaient de leur lien avec le défunt. Selon sa situation financière, on pouvait s’acheter davantage de vêtements pour montrer que l’on était en deuil ou, si l’on n’en avait pas les moyens, porter ce que l’on avait déjà.
14. Respectez les règles à suivre lorsque vous rendez visite à des amis
Les visites de courtoisie étaient courantes à l’époque victorienne. On était censé rendre visite à ses amis à des moments précis et non pas passer les voir quand bon nous semblait. Il existait d’autres règles, mais si l’on connaissait bien ses amis, ceux-ci ne voyaient peut-être pas d’inconvénient à ce que l’on passe les voir à des heures inhabituelles.
15. Faites attention lorsque vous parlez d'argent
Même si l’argent jouait un rôle important dans les relations amoureuses et le mariage, certaines personnes estimaient qu’aborder ce sujet donnait l’impression d’être cupide. La dépendance financière pouvait rendre d’autant plus important pour les femmes de bien comprendre les conséquences concrètes du mariage, même lorsque les convenances sociales décourageaient les discussions directes sur l’argent.
16. Surveillez votre comportement en public
Si l’on voulait passer pour une femme distinguée, il fallait faire attention à ses gestes en public. Il y avait certaines choses qu’une femme pouvait faire sans que cela ne soit mal vu, alors que si un homme les avait faites, cela aurait été mal perçu. Cela nous ramène au point précédent concernant la distinction sociale. Les femmes riches n’avaient pas à se plier à certaines règles que les femmes pauvres devaient respecter. Il en résultait une culture dans laquelle le comportement en public pouvait devenir un autre critère permettant de juger de la prétendue respectabilité d’une femme.
17. Intégrer la religion dans une vie respectable
Il était courant d’intégrer la religion dans sa vie. Si l’on voulait paraître respectable aux yeux des autres, il fallait se comporter comme si l’on était croyant. La foi pouvait être à la fois un engagement personnel et une attente sociale, selon la personne et sa communauté.
18. Élever ses enfants conformément aux attentes de la société
La plupart des enfants étaient élevés par leur mère. Celles-ci leur apprenaient à avoir une conduite morale et à se comporter correctement. Les mères pouvaient être jugées sévèrement pour le comportement de leurs enfants, même lorsque les circonstances rendaient difficile de répondre à toutes les attentes.
19. Comprendre les règles de correspondance
La communication était un aspect qu’il fallait maîtriser lorsqu’on échangeait avec autrui. Veiller à écrire correctement permettait de s’assurer que vos lettres seraient bien rédigées si quelqu’un venait à les lire. Même un message privé n’était pas forcément à l’abri du regard du public s’il tombait entre de mauvaises mains.
20. N'oubliez pas que les règles n'étaient pas les mêmes pour tout le monde
L’une des plus grandes idées reçues concernant les femmes de l’époque victorienne est qu’elles vivaient toutes selon le même code strict. Une femme mariée issue d’un milieu aisé, une ouvrière d’usine, une employée de maison et une militante pour les droits politiques pouvaient être confrontées à des attentes et jouir de libertés totalement différentes. Les conventions sociales avaient certes une grande influence, mais les femmes les remettaient également en question par le biais du travail, de l’éducation, de l’écriture, du militantisme et de l’évolution des structures familiales.