Les médecins n’ont peut-être pas toutes les réponses aujourd’hui, mais les conseils de santé du XIXe siècle pouvaient être à la fois sérieux, sincères et extrêmement déconcertants. Tout le monde, des médecins aux inventeurs en passant par les représentants de commerce, promettait des moyens de rester en bonne santé, même lorsque leurs idées reposaient sur des théories erronées. Suivez-nous à la découverte de certains des soi-disant remèdes les plus farfelus auxquels les gens avaient recours à l’époque, même pour des maux plus graves.
1. Éviter l’« air vicié »
Au XIXe siècle, nombreux étaient ceux qui pensaient que les miasmes, c’est-à-dire l’air nauséabond, étaient à l’origine des maladies. Pour se prémunir contre des fléaux tels que le choléra et le typhus, ouvrir les fenêtres et éviter l’air nocturne étaient considérés comme des mesures sanitaires rigoureuses plutôt que de simples choix de confort. Cette croyance était d’ailleurs si forte que, lors de la « Grande Puanteur » de Londres en 1858, les autorités craignaient que l’odeur émanant de la Tamise elle-même ne rende le Parlement malade.
2. Laisser les médecins prélever leur sang
La saignée n’était pas un remède miracle d’autrefois ; elle était en effet encore pratiquée au XIXe siècle. De nombreux médecins pensaient que la maladie provenait d’un déséquilibre des fluides corporels ; ainsi, un patient souffrant de fièvre ou d’une faiblesse générale pouvait être incisé à l’aide d’une lancette ou traité à l’aide de sangsues afin de lui prélever du sang. À l’époque, la perte de sang était présentée comme un moyen de rétablir l’équilibre au sein de l’organisme.
3. La prise de mercure
Le calomel était un composé à base de mercure, et l’un des purgatifs les plus utilisés de l’époque. Les médecins y avaient recours pour tout traiter, de la constipation à la fièvre en passant par le choléra, car ils pensaient qu’une purge vigoureuse permettrait d’éliminer les substances nocives de l’organisme. Ils étaient loin de se douter que l’empoisonnement au mercure endommageait en réalité la bouche, les gencives, les dents et le système nerveux.
4. Prendre du laudanum pour soulager la douleur
Cependant, le mercure était le moindre de vos problèmes au XIXe siècle. Le laudanum était un mélange d’opium et d’alcool que de nombreux foyers considéraient comme un remède courant. On l’utilisait pour toutes sortes de maux : toux, diarrhée, insomnie, douleurs menstruelles, nervosité générale… la liste est longue. Le soulagement était bien réel, mais les risques l’étaient tout autant.
5. Sirop de morphine
Malgré son nom, le « sirop apaisant de Mme Winslow » était tout sauf apaisant. Bien qu’il ait été commercialisé au milieu du XIXe siècle comme remède calmant pour les nourrissons agités et les enfants en période de dentition, ce sirop contenait de la morphine et de l’alcool. Comme vous pouvez l’imaginer, cela rendait son effet calmant bien plus dangereux que ne le laissaient entendre les publicités.
6. Médicaments brevetés dont la formule est secrète
Au XIXe siècle, les remèdes brevetés envahissaient les journaux, les rayons des magasins et les spectacles itinérants de médecine — et tous promettaient la même chose : retrouver des forces. Des produits tels que le « Vegetable Compound » de Lydia E. Pinkham, commercialisé pour la première fois dans les années 1870, étaient présentés comme des remèdes aux maux féminins. D’innombrables toniques prétendaient apaiser les nerfs. D’autres garantissaient de pouvoir traiter la fatigue. Cependant, comme les étiquettes indiquant les ingrédients étaient souvent vagues, voire absentes, on n’avait aucune idée de ce que l’on ingérait.
7. Draps froids et humides
L’hydropathie, également appelée « cure par l’eau », s’est popularisée dans les années 1840, après que les idées européennes en matière de traitement par l’eau se sont répandues en Grande-Bretagne et en Amérique. Pour résumer, on enveloppait les patients dans des draps humides, on les plongeait dans des bains froids, on les laissait tremper et on leur recommandait de boire beaucoup d’eau. L’idée était que cela leur permettrait de retrouver la santé.
8. Manger du pain Graham fade
Sylvester Graham, pasteur presbytérien et réformateur de la santé, prônait un mode de vie rigoureux dans les années 1830, mais celui-ci ne reposait pas sur des toniques miracles. Non, ses idées s’articulaient autour d’une alimentation végétarienne, du pain complet et de l’eau pure. Ses adeptes étaient convaincus que son régime alimentaire pouvait non seulement protéger le corps, mais aussi maîtriser les pulsions dangereuses.
9. La consommation d'arsenic
La solution de Fowler a été utilisée en médecine de la fin du XVIIIe siècle jusqu’au XIXe siècle, même si cela n’aurait probablement pas dû être le cas. Elle contenait de l’arsénite de potassium et était prescrite pour traiter des affections telles que le paludisme, des problèmes cutanés et, plus tard, même la leucémie. Ce qui est inquiétant aujourd’hui, c’est évident : l’arsenic est toxique et une exposition à long terme entraîne de graves lésions.
10. Le port de ceintures électriques pour faire le plein d'énergie
À la fin de l’époque victorienne, l’électricité faisait le buzz, et son attrait était tel que les inventeurs la présentaient comme un remède. (Bien sûr qu’ils l’ont fait.) Des ceintures électriques, des piles et divers petits appareils étaient proposés dans des publicités pour traiter les troubles nerveux et la faiblesse. Ces produits avaient d’ailleurs un aspect suffisamment moderne pour convaincre les gens qu’un léger choc électrique pourrait accomplir ce que la médecine traditionnelle ne parvenait pas à faire.
11. Corsets de maintien pour améliorer la posture et offrir un soutien
Si vous avez déjà porté un corset, vous savez à quel point ils sont pénibles. Mais à l’époque, beaucoup de gens les considéraient également comme un soutien utile pour le corps. Les femmes, et parfois les enfants, en portaient pour modeler le torse, favoriser une posture droite et se conformer aux normes de l’époque en matière d’apparence respectable. Les détracteurs mettaient en garde contre les risques d’un laçage trop serré, qui pouvait nuire à la respiration et aux organes internes, mais la douleur fait partie de la beauté.
12. Rester au lit jusqu’à ce que son « stress » s’atténue
Le docteur S. Weir Mitchell a mis au point la « cure de repos » dans les années 1860 et 1870 pour traiter l’épuisement nerveux. Cela ressemble à un remède banal, et c’est justement là que réside le problème, n’est-ce pas ? Eh bien, il ne s’agissait pas de quelques jours de repos. Les patients, en particulier les femmes, pouvaient se voir imposer un long alitement, une alimentation très riche, l’isolement et des restrictions strictes quant à leurs activités quotidiennes. Charlotte Perkins Gilman a par la suite critiqué ce traitement dans sa célèbre nouvelle de 1892, « Le papier peint jaune », ce qui devrait vous mettre la puce à l’oreille.
13. Doses homéopathiques infimes
L’homéopathie a fait son apparition aux États-Unis au début du XIXe siècle et a suscité un véritable engouement à une époque où la médecine conventionnelle pouvait se révéler très agressive. Ses partisans croyaient que « le semblable guérit le semblable » et que des remèdes fortement dilués pouvaient réellement déclencher le processus de guérison. On ne peut pas vraiment leur en vouloir : comparée aux saignées et aux purges au mercure, cette méthode semblait plus douce.
14. Lire « Skull Bumps »
La phrénologie est devenue très en vogue au XIXe siècle ; elle promettait de révéler le caractère et les faiblesses d’une personne en étudiant la forme de son crâne. Certains y voyaient également un guide pour la santé mentale et morale, et pas seulement pour la personnalité. Par exemple, un phrénologue pouvait conseiller à quelqu’un de modifier son mode de vie en se basant sur des protubérances censées correspondre à des zones du cerveau.
15. Se faire « magnétiser » par un magnétiseur
Le mesmérisme, issu des idées de Franz Anton Mesmer au XVIIIe siècle, a continué d’exercer une influence jusqu’au XIXe siècle. Ses adeptes affirmaient qu’une force invisible pouvait être canalisée à travers le corps pour soulager les maux, et dès que la nouvelle s’est répandue, les gens ont afflué pour assister à toutes sortes de démonstrations. Ils se prêtaient également à des « passes de mains » et croyaient parfois avoir bénéficié d’un véritable traitement médical.
16. Se débarrasser des maux en transpirant dans les bains turcs
Au XIXe siècle, les bains turcs de style victorien se sont répandus en Grande-Bretagne et au-delà, grâce notamment à des réformateurs qui associaient les bains et la chaleur à une meilleure santé. Les baigneurs passaient d’une salle chaude à l’autre, transpiraient abondamment, se lavaient et se reposaient, selon un rituel bien établi. La propreté était certes bénéfique, mais l’affirmation plus générale selon laquelle la chaleur pouvait chasser toute une série de maladies relevait d’un optimisme exagéré.
17. Transfert des patients atteints de tuberculose vers des sanatoriums à l'air libre
Avant l’apparition des antibiotiques, le traitement de la tuberculose reposait souvent sur l’air pur, le repos et l’isolement. Le médecin allemand Hermann Brehmer a promu les séjours en sanatorium au milieu du XIXe siècle, et cette idée s’est largement répandue, les patients étant peu à peu envoyés dans des établissements situés à la montagne ou en bord de mer. Malheureusement, les paysages pittoresques ne suffisaient pas à guérir les malades de manière fiable.
18. Assis sous un verre bleu
Vous avez sûrement déjà entendu parler des lunettes anti-lumière bleue, mais là, c’est un peu différent. En 1876, Augustus J. Pleasonton a publié des articles affirmant que la lumière bleue du soleil pouvait améliorer la santé des plantes, des animaux et des êtres humains. Ces idées ont contribué à déclencher un véritable engouement pour le verre bleu, les gens croyant que les vitres en verre bleu pouvaient canaliser les vertus curatives du soleil.
19. Le bain de vapeur pour le corps
Le système botanique très populaire de Samuel Thomson s’est répandu au début du XIXe siècle aux États-Unis comme alternative à la médecine pratiquée par l’élite. Mais il ne s’agissait pas uniquement de chaleur : les traitements thomsoniens faisaient également appel à la lobélie, une plante capable de provoquer des vomissements. Les adeptes de cette méthode pensaient que la chaleur et les purges aidaient l’organisme à se débarrasser de la maladie, et à l’époque, cela semblait naturel, même si cela mettait l’organisme à rude épreuve.
20. Des toniques raffinés pour le système nerveux
Au XIXe siècle, les toniques nerveux sont devenus le remède à la mode pour tout : fatigue, anxiété, insomnie ou simplement ce vague sentiment de fatigue générale. Les publicités ne manquaient pas de promettre un regain de vigueur grâce à des produits à base d’alcool, de coca, de caféine ou d’opiacés.